Le bateau nettoyeur

Manta : un quadrimaran révolutionnaire contre la pollution des océans

Le navigateur-aventurier Yvan Bourgnon et l’association The SeaCleaners dévoilent un navire révolutionnaire de 70 mètres de longueur à la pointe de l’innovation, collecteur de déchets plastiques en mer. Sorte de quadrimaran, le Manta sera capable de stocker plus de 250 tonnes de déchets dans ses coques avant de les rapatrier sur terre.

 

Plus haut que l’Arc de Triomphe, cet impressionnant quadrimaran va mesurer 70 mètres de long pour 49 mètres de large. / The SeaCleaners

Le projet révolutionnaire imaginé par le navigateur-aventurier franco-suisse Yvan Bourgnon rentre dans une nouvelle phase. Créée en 2016, l’association « The SeaCleaners » qu’il préside vise à lutter contre la pollution océanique au travers de la construction d’un navire inédit à la pointe de l’innovation. Son nom de baptême : le Manta. Après un an et demi d’études de faisabilité et de recherche de financements, Yvan Bourgnon vient de dévoiler la maquette de la version finale du navire, sorte de quadrimaran. Mesurant 70 mètres de long pour 49 mètres de large et 61 mètres de hauteur, le Manta « utilisera des outils à la pointe de la technologie afin de sortir les macro-déchets plastiques flottants avant qu’ils ne se dégradent et polluent irréversiblement la biodiversité marine » explique The SeaCleaners dans un communiqué. « Pour cela, une véritable usine sera embarquée à bord pour collecter, trier, compacter et stocker les déchets plastiques. Trois collecteurs seront installés entre les coques du navire sous la forme de tapis roulants pour remonter rapidement de grandes quantités de plastiques » ajoute l’association. Ainsi, le Manta sera capable de stocker plus de 250 tonnes de déchets dans ses coques avant de les rapatrier sur terre où ils seront pris en charge par des centres de recyclages adaptés…

Quatre moteurs électriques et 2 000m2 de panneaux solaires

Sur le pont du quadrimaran, 2000 m2 de panneaux solaires vont ainsi être installés et deux éoliennes verticales utiliseront la force du vent pour produire de l’électricité. / The SeaCleaners

Au-delà de sa mission de nettoyage des océans, le Manta est en lui-même un pari technologique sans précédent. La propulsion et l’autonomie énergétique du navire sont deux enjeux fondamentaux du projet. C’est dans une optique d’innovation toujours plus poussée que le Manta sera alimenté par plusieurs sources d’énergie renouvelable. Il sera propulsé par quatre gréements DynaRig et quatre moteurs électriques. Pour les alimenter, il embarquera plusieurs technologies combinées de production d’énergie renouvelable associées à un système de stockage énergétique optimisé. 2000 m2 de panneaux solaires vont ainsi être installés sur le pont du quadrimaran et deux éoliennes verticales utiliseront la force du vent pour produire de l’électricité. De quoi permettre au Manta d’être autonome dans ses phases de déplacement et de collecte et de pouvoir se déplacer sur toutes les zones de forte densité de pollution (estuaires, zones côtières…).

Sensibiliser les populations à la pollution plastique

Le Manta sera équipé de collecteurs entre les coques sous la forme de tapis roulants pour remonter rapidement de grandes quantités de plastiques venues des océans. / The SeaCleaners

Le Manta servira aussi de base au développement d’actions de sensibilisation à destination des populations les plus impactées par la pollution plastique. C’est d’ailleurs la dimension la plus essentielle de cette mission écologique. « Dans la même lignée, ce projet est destiné à devenir un levier de l’économie circulaire. Les plastiques collectés constitueront la base d’une dynamique d’économie locale et circulaire. Le Manta permettra d’initier ou de développer des initiatives de transformation des déchets en matière première et de dynamiser l’économie des pays où s’effectueront les collectes » explique The SeaCleaners. L’association poursuivra également un but scientifique d’observation et d’analyse car chaque collecte sera géolocalisée, quantifiée et qualifiée grâce à la mise en place d’un véritable laboratoire à bord du navire. Toutes les données seront ensuite publiées en Open Data afin d’en permettre l’accès à toute la communauté internationale. Un très beau projet en perspective…