Bali vogue…..

Nautisme en Charente-Maritime : la gamme Bali tire Catana Group

Nautisme en Charente-Maritime : la gamme Bali tire Catana Group
Le 4.3 MY, premier « motor yacht » de la gamme Bali, préparé pour un salon.

Jean-Christophe Sounalet

À un pas du naufrage en 2009, Catana Group, ex-groupe Poncin Yachts, a renoué avec les bénéfices. Les Bali ont été le « turbo » permettant de retrouver le chemin de la croissance.

Le « petit » dernier de Catana Group – ex-groupe Poncin Yachts – est en cours de préparation au chantier de Marans, près de La Rochelle. Le Bali 4.3 MY sera prêt pour effectuer sa première sortie publique à la fin du mois d’avril, à l’occasion du salon du multicoque, à la Grande-Motte (34).

La construction de ce « motor yacht » de 12,95 mètres de longueur, conçu par Olivier Poncin et Yann Chabaud et dessiné par l’architecte Xavier Faÿ, est doublement singulière. D’abord, elle signe l’entrée du groupe dans l’univers du multicoque à moteur, une évolution de gamme déjà réalisée chez Fountaine-Pajot et Nautitech. Ensuite, elle désigne la gamme Bali comme le « turbo » qui a permis à Olivier Poncin et à ses équipes de renouer avec les chemins de la croissance.

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Crédit photo : Jean-Christophe Sounalet

« Une dizaine de 4.3 MY sont déjà vendus sans que nous ne l’ayons encore jamais montré. C’est tout simplement exceptionnel, à l’échelle de ce que nous vivons dans le catamaran », s’enthousiasme le directeur financier du groupe, David Etien. Le catamaran, dans l’entreprise, s’est d’abord Catana. Fabriquée à Canet-en-Roussillon (66), près de Perpignan, cette marque recherchée par les acheteurs de multicoques performants avait sauvé du naufrage le groupe, placé sous sauvegarde judiciaire en 2009. C’était après les espoirs déçus dans l’industrialisation d’une gamme de monocoques et les revers de la crise nautique qui frappaient d’autant plus rudement le groupe Poncin.

La jeune marque performante

Le catamaran chez Catana Group, c’est aussi la jeune marque Bali, lancée en 2013 : quatre modèles à voile et le nouveau « motor yacht ». Bali qui, en six exercices comptables, a permis la relance et de renouer avec les bénéfices. « Au 31 août dernier, pour la première fois, notre trésorerie (7 millions d’euros) a été supérieure à nos dettes (4 millions d’euros) », précise David Etien. Un retour de la croissance qui a remis en route la pompe à fonds propres (24 millions d’euros), ce matelas de sécurité après lequel courent tous les dirigeants prudents.

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Crédit photo : Jean-Christophe Sounalet

Les Bali sont actuellement huit en construction sous le hall de Marans, à divers stades d’avancement. Sachant que la prévision des 60 catamarans à y fabriquer en 2019–2020 est déjà dépassée de dix unités (1).

Marans livre les Bali 4.3, 4.1 propriétaire et 4.3 MY ; El Houaria, le site tunisien du groupe, a en charge les Bali 4.1 destinés aux loueurs, lesquels représentent 60 % du marché de la marque. Cent quarante bateaux au total sur l’exercice, 180 en prévision l’année prochaine. Les recrutements ont suivi : 203 salariés, dont 70 à Marans en 2014 ; 630 aujourd’hui, dont 135 à Marans. Un quasi-doublement des effectifs locaux qui mérite d’être souligné. La poussée ne semble pas devoir faiblir dans l’immédiat. « Nous enregistrons déjà des commandes sur le plan de production de l’exercice 2019–2020 », évoque David Etien. « Le catamaran correspond à une nouvelle façon de consommer, d’habiter le bateau, il est un bon compromis navigation-habitabilité. »

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Crédit photo : Jean-Christophe Sounalet

Voilà pour les causes du succès. La conséquence est que la place pourrait manquer à Marans. Il est envisagé d’y construire autour de 70 catamarans en 2019–2020 pour une capacité maximale du site que David Etien estime à 85 unités, et encore, en jouant sur les roulements des effectifs. Investir ? À aussi grande échelle, ça n’est pas à l’ordre du jour. Le souvenir des heures difficiles reste ancré. Et la connaissance du marché capricieux du nautisme et de ses retournements de tendance incite à gérer prudemment la croissance.

(1) Le groupe réalisait un chiffre d’affaires de 36 millions d’euros en 2013–2014. Il était de 55 millions d’euros l’an dernier et les prévisions sont de plus de 65 millions d’euros pour l’exercice en cours.

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