Décathlon a bord d’eau !

La Rochelle : l’épi de la capitainerie se métamorphose pour accueillir Tribord

La Rochelle : l’épi de la capitainerie se métamorphose pour accueillir Tribord
Le chantier Tribord, vu de la base nautique dans le quartier des Minimes.© Crédit photo : photo jean-christophe sounalet
Par Philippe Baroux

Le chantier Tribord est engagé, la première étape de la future base nautique est installée aux Minimes. Au port de plaisance, l’épi de l’avenue de la Capitainerie est en plein bouleversement

Un dossier discuté depuis deux ans entre aujourd’hui dans sa phase concrète. En bordure de l’avenue de la Capitainerie, le démarrage du chantier du futur bureau d’études Tribord (la marque nautique de Décathlon) bouleverse un décor qui semblait figé dans son histoire.

Sur cet épi central du port de plaisance des Minimes, huit associations nautiques viennent ainsi de déménager de quelques mètres pour rejoindre ce qui constitue désormais le pôle administratif de la nouvelle base nautique rochelaise en cours de création. Doivent suivre ses aménagements sportifs et techniques dont la livraison est prévue au premier trimestre de 2023. Un vaste projet déjà bien avancé, sans pour autant que toutes ses inconnues soient levées avec une précision telle que s’éteignent toutes les inquiétudes des dirigeants des associations concernées.

Ramenons l’opération à une lecture simplifiée. Elle s’est ouverte en début d’année avec la démolition des locaux de la Société des régates rochelaises (SRR). Sur ce terre-plein désormais propre et net a été lancé le chantier Tribord. Le béton y coule à flot pour mouler les dizaines de micropieux qui, en profondeur, appuieront les fondations du bâtiment à venir, sur un sous-sol plus dur. Séquence deux : l’achat par la Ville des locaux voisins de l’association rochelaise pour l’accueil des étudiants. C’est réglé et leur proximité avec le bâtiment qui hébergeait l’École de voile rochelaise (EVR) a ainsi offert la possibilité d’une refonte sur deux niveaux de tout un ensemble bâti où chaque association nautique trouve désormais sa place pour installer ses locaux communs et partager des espaces collectifs.

La répartition des espaces

Ainsi, à l’étage, le Comité départemental et la Ligue régionale de voile ont déjà installé leurs équipes. Au rez-de-chaussée, sont hébergés les bureaux des deux poids lourds de la voile rochelaise, SRR et EVR. Il y a aussi un vaste espace de convivialité avec son bar et sa cuisine prioritairement dédié à la SRR, mais qui, précise l’adjointe aux sports Catherine Léonidas, « pourra aussi être occupé par les autres associations du pôle, pour leurs grands rendez-vous ». Au rez-de-chaussée encore, des locaux mutualisés pour se réunir, des sanitaires, les espaces qu’occupent l’Amicale rochelaise de pêche sportive en mer, le Cercle handi rochelais, et le Club d’aviron de mer. D’autres améliorations seront livrées avant la fin du printemps qui concernent une salle de musculation, dont une partie spécifique aux rameurs.

Le tour du propriétaire passe encore par les anciens vestiaires et locaux d’entreposage de matériels de l’EVR. La ville a fait l’acquisition de bancs, de patères, et de casiers supplémentaires pour y héberger l’ensemble des structures nautiques pour que ces huit vestiaires (dont cinq équipés de douches) puissent être ouverts à toutes les associations nautiques du pôle.

C’est fonctionnel à défaut de mieux, mais cette partie dans le prolongement de laquelle le Subaquaclub a aussi son local, sera entièrement refondue dans le cadre de la phase finale des aménagements du site. Elle est confiée à un architecte d’ores et déjà sélectionné et dont le nom sera prochainement divulgué. Son projet revisitera toute cette aile la plus proche de la capitainerie, pour installer les locaux sportifs des clubs et recevoir à l’étage, une terrasse rappelant celle, perdue, des anciens locaux de la SRR. Ce lauréat aura aussi à réfléchir à la mise en cohérence de l’ensemble avec l’arrière du site où se trouvent les locaux du pôle France, en même temps qu’avec un espace extérieur sur la façade principale, sensé devenir le cœur névralgique de tout ce pôle nautique dont le bâtiment Tribord et la base nautique seront, à terme, les pivots.

Cet article a été réalisé avant la mise en place des mesures dans le cadre du Covid-19.

Un centre de recherche ouvert sur l’extérieur

En décembre prochain ouvriront les locaux de Tribord aux Minimes. Une unité de 3 000 m2 entièrement dédiée à la recherche et à l’innovation dans les produits voile de la marque nautique de Décathlon. « Les vêtements de mer sont notre cœur de métier », détaille Julien Beluite, en charge de la communication de l’entreprise. Pour autant, le centre de recherche pourra aussi développer d’autres produits, à l’image du petit dériveur gonflable dont la sortie, il y a quelques mois, avait surpris l’environnement nautique. Dans une première étape, trente-cinq salariés occuperont ces nouveaux locaux rochelais. Des profils d’ingénieur, prototypiste, designer, modéliste et chef de produits issus du recrutement interne du groupe, et plus particulièrement des sites d’Hendaye et de Lille. Dans une deuxième étape dont le déclenchement sera conditionné par une montée en charge des activités, des recrutements complémentaires (à un niveau non précisé) pourraient s’ouvrir à l’externe.

Le centre de recherche Tribord, tel qu'il sera à la fin de cette année
Le centre de recherche Tribord, tel qu’il sera à la fin de cette année  © Crédit photo : Document Tribord

Voulue pour rapprocher le centre de recherche des pratiquants, l’implantation rochelaise placera de fait cette équipe au cœur d’un écosystème nautique de forte densité. C’était l’une des motivations premières pour l’implanter à La Rochelle.

Tests au plus près du réel

Dans cette perspective, parmi ses premières missions, le directeur du site aura ainsi à construire les différents niveaux de cette relation. Il se nomme Guillaume Cutuli et avait jusqu’à la fin 2019 la charge des activités Décathlon au Cambodge. Il a pris ses fonctions à La Rochelle depuis le début de cette année, bien en amont de l’arrivée de l’équipe qu’il encadrera. L’architecture même du bâtiment doit aussi favoriser la construction de cette relation avec l’extérieur. Sur tous les plans. Par exemple, la forme de sa toiture en « sheds » (alternance de couvertures opaques et vitrées) doit rappeler la vocation d’un atelier, mais aussi favoriser la pénétration de la lumière. Au rez-de-chaussée, les surfaces vitrées en façade ont la même vocation, mais aussi celle de favoriser la pénétration des regards extérieurs sur le travail des opérateurs. Cette même idée que le public doit pouvoir approcher les créateurs sera cultivée au travers d’horaires d’ouverture de l’atelier aux visiteurs. Ils y découvriront des machines dont certaines sont assez volumineuses, mais également une « rain room » (une pièce « de pluie ») où sera déposé un voilier 6.50 pour tester au plus près des conditions réelles l’imperméabilité des vêtements créés.

Pour le site historique d’Hendaye où Tribord réalisait jusqu’alors ses recherches, pas d’incidence, précise la communication de la marque. « Il y a 300 personnes et globalement, cela ne va pas bouger. Resteront la plongée, la natation, le surf, le kayak, le stand up paddle. Nous sommes en train de restructurer et renforcer les équipes, avec des entités, comme le windsurf, qui voient le jour ou reprendront l’espace laissé par l’activité voile. »