Du nouveau au Bout Blanc

Port des Minimes à La Rochelle : un pôle de services et d’animation

Port des Minimes à La Rochelle : un pôle de services et d’animation
Le chantier est en cours au niveau de l’accès à la digue du Bout Blanc.

photo pierre meunié

À l’entrée de la digue du Bout Blanc s’élève un bâtiment pensé pour répondre au dédoublement de l’épicentre de la vie portuaire. Un pivot pour attirer aussi au-delà du port.

Il y avait un restaurant (petit), des sanitaires (modestes), un local (étroit) longtemps confié aux sauveteurs en mer pour finalement être réaffecté au restaurant qui en avait fait une réserve. Ça, c’était hier. Place désormais au nouveau pôle de services et d’animation. À l’entrée de la digue du Bout Blanc s’engageait au lendemain de la dernière édition du Grand pavois un chantier visant à répondre à une attente. Elle s’est fait jour lorsque le port des Minimes a été agrandi, dit en substance la régie du port. Il était alors observé que son épicentre positionné autour de la capitainerie s’était dédoublé vers le nord et le nouveau bassin. Des installations aux abords desquelles stationnent un millier de bateaux.

Demain, il y aura donc un restaurant, des sanitaires, une laverie automatique et une épicerie. Mais dans une version de plus grand format, rehaussée par le trait de l’architecte rochelais Alain Gry.

De l’existant il est fait table rase, pour reconstruire après démolition. « À la demande du Conseil d’administration de la Régie du port de plaisance, nous avons eu un peu d’ambition architecturale, pour que ce bâtiment soit le signal fort d’un lieu de vie », résume le directeur de la régie, Bertrand Moquay. « L’idée est qu’il ne soit pas un lieu exclusif pour les plaisanciers, mais attractif au-delà du périmètre du port », renchérit son président Christian Marbach.

Le cadre est ainsi posé. Dans ce projet d’1,4 million (autofinancé par la régie à l’aide d’un emprunt de 800 000 euros ), il a d’abord fallu s’affranchir des contraintes de submersion marine. L’immeuble est rehaussé de 80 centimètres. Pour autant, « l’État dans sa grande sagesse, ironise Christian Marbach, nous a empêchés d’installer des bureaux, au prétexte que la densité serait trop forte et que cela constituerait un risque en cas de submersion. »

Le chapitre est aujourd’hui refermé, mais l’équipe portuaire souligne que 100 mètres carrés de bureaux ont été gommés du plan, remplacés par une terrasse. Intégrée dans le lot du restaurant, il y a fort à parier -à condition que la qualité de la table soit au rendez-vous -, qu’elle sera à la belle saison une bonne raison de se rendre aux Minimes. A l’heure du déjeuner d’entreprise, mais aussi pour prolonger le beau moment d’un coucher de soleil.

Dynamiser la zone d’activités

On se plaît à imaginer et à rêver, mais la patience s’invite sur le chantier. Le bâtiment ne sera livré qu’en juillet prochain. Il sera alors temps pour les lauréats des appels d’offres lancés pour l’occuper (1) engager les travaux nécessaires avant la mise en exploitation, la régie livrant les locaux à l’état brut.

Dynamiser le secteur est une attente forte des entreprises de la zone d’activités des Minimes toute proche. Elle s’exprimait fortement au sein de l’association des professionnels du nautisme, au temps où elle était encore active. Outre la construction de ce bâtiment, des démarches sont ainsi engagées par la régie dans cette perspective. Une réunion se tenait la semaine dernière avec les services de l’urbanisme et de la voirie de la Ville pour envisager deux points que résume Christian Marbach : « améliorer la sécurité » d’un site totalisant plus de 5 000 manutentions de bateaux par an, et « améliorer l’aspect commercial ».

Dans le cadre de la convention qui la lie à la Ville sur ce périmètre, la Régie se voit confier l’obligation de gestion de la zone d’activités. « Avant, nous n’avions pas la liberté de le faire », souligne son président qui dit bien clairement que, quelque forme que prenne la dynamisation, le plan local d’urbanisme fait obligation de rester dans une vocation nautique.

Rien n’est fixé dans le détail. « Aujourd’hui, on voit une direction, résume Bertrand Moquay, mais avec les acteurs privés, publiques, il faut définir une ambition. » Les premières réalisations pourraient être effectives dès cette année.

S.O.

Philippe Baroux