Grande animation nautique ce week-end

Défi Atlantique à La Rochelle : ils se régalent sur
 des bateaux simples

Défi Atlantique à La Rochelle : ils se régalent sur
 des bateaux simples
« Tibco » et « Edenred », deux class 40, le 23 mars dernier, au départ du Défi Atlantique à Pointe-à-Pitre.

Ph. Baroux

Que sont les class 40, ces voiliers attendus samedi à La Rochelle, et quels sont les profils de leurs skippers ? Des profils variés, à découvrir au village arrivée.

L’automne dernier, parmi les 123 inscrits au départ de la Route du Rhum, les class 40 représentaient la catégorie la plus représentée, avec ses 53 engagés. 34 arriveront classés à Pointe-à-Pitre derrière le vainqueur de la classe Yoann Richomme, et son dauphin, le Rochelais Aymeric Chappellier. Dix de ces class 40 sont attendus sur le chemin du retour, le week-end prochain à La Rochelle, à l’arrivée du premier Défi Atlantique, course au large dont le départ était donné le 23 mars dernier de Pointe-à-Pitre.

Superbe voilier de 12,90 mètres de long, le class 40 reste méconnu du public. Notoriété quasi inexistante lorsqu’on la frotte à celle des Imoca (60 pieds) ou des Ultime, toujours assurés de faire le buzz médiatique au départ des grandes courses au large.

157 class 40

Un peu d’histoire. L’association Class 40 a vu ses premiers voiliers s’engager dans une course au large lors du Rhum 2006, deux ans après le dépôt de ses statuts. « Cette jauge est née de l’idée de Patrice Carpentier (NDLR, journaliste-skipper) et de quelques amateurs éclairés qui n’avaient pas envie de courir sur Figaro, qui n’avaient pas le profil Imoca, mais voulaient faire du large en s’amusant », évoque Vanessa Boulaire, la responsable de l’association.

Quinze ans après, la classe est « fière de sa diversité ». Elle dénombre 157 bateaux immatriculés au fil de son histoire, et deux petits nouveaux en chantier. Basée pour l’essentiel en Europe, cette flottille essaime aussi de l’autre côté de l’Atlantique, et jusque dans le Pacifique, pour quelques unités.

Les profils variés des skippers caractérisent cette organisation où certains retrouvent l’esprit de la classe Mini. 30 % de professionnels et 70 % d’amateurs éclairés. Parmi les premiers, le Méridional Kito de Pavant (« Made in Midi ») se « régale sur ces bateaux simples et amusants sur lesquels on arrive à tenir de bonnes moyennes ». Catherine Pourre (« Earendil ») est d’abord spécialiste de l’investissement immobilier. Mais elle compte aussi au nombre des « amateurs » pointu qui animent aussi la classe. La skippeuse possède d’ailleurs deux voiliers

À chacun sa trajectoire

En 2020, Miranda Merron montera à bord d’un 60 pieds, et sera alors la sixième femme engagée dans l’histoire du Vendée Globe. Pour l’heure, elle reste assidue au class 40 (« Campagne de France ») qui lui offrait la tête du podium féminin lors de la dernière Route du Rhum. La plus cherbourgeoise des navigatrices anglaises évoque son histoire sur ce support. « J’ai adhéré à cette classe en 2007. » Douze années de fidélité non démenties. L’ouverture à des courses en équipages réduits l’a incitée à s’y lancer. Mais elle y est entrée pour cette raison :

« Sur l’eau ça bagarre dur, et les skippers forment un beau mélange de personnages ».

Le témoignage de longévité de Miranda Merron au sein de la classe dit combien est hasardeux de réduire la jauge à un simple palier entre la classe Mini et le Figaro ou l’Imoca, supports vers lesquels se projettent des skippeurs plus aguerris et aux budgets plus consolidés. Pour certains cependant, c’est le cas. Exemple rochelais. Aymeric Chappellier est venu au class 40, après le Mini. Et il s’apprête à franchir le passage vers l’Imoca.

« En Class 40, chacun est dans une vision différente, résume-t-il. Ça reste des budgets maîtrisés par rapport aux Imoca (250 000 euros par an pour “Aïna Enfance & Avenir”). Mais fin 2019, je veux arrêter le class 40, pour me projeter vers le Vendée Globe 2024. » La trajectoire qu’il envisage passe par « l’achat d’un très beau bateau en 2021, après l’édition 2020 du Vendée Globe. »

Le déclic remonte à la dernière Route du Rhum. C’est alors qu’Aymeric Chappellier « a vu l’ambition du Vendée Globe. Mais, ajoute-t-il, pourquoi pas faire du Figaro l’an prochain… ça me titille. »

Le Village d’arrivée ouvre vendredi

Le Village d’arrivée, situé au bassin des Chalutiers, ouvrira ses portes vendredi et jusqu’à lundi prochain. Les visiteurs pourront y retrouver notamment un stand des îles de Guadeloupe, découvrir le rhum Bielle, et déguster la bière locale du brasseur La Beun’aise. Un food truck donnera aussi la possibilité de se restaurer sur place. Du côté des animations, le temps fort sera la parade des 10 participants au Défi Atlantique. Les premiers sont attendus samedi en fin de journée, et la flottille sera regroupée pour un défilé prévu dimanche à 14 heures, les concurrents entrant alors dans le bassin. Pour patienter jusqu’alors, il sera possible de découvrir la vedette « Duperré » du Musée maritime, les voiliers du Yacht-club classique, de faire du char à voile dans un espace aménagé de 90 mètres carrés (de samedi à lundi, 5 € les 10 minutes), de skipper des bateaux radiocommandés, et de suivre le multiple champion du monde de jet-ski Romain Stampers, dans ses démonstrations de jet à bras, vendredi de 15 à 17 heures, et samedi de 14 à 16 heures.

S-O Philippe Baroux