Les règles de barre et de route – Le RIPAM et les privilèges

Les règles de barre et de route (1/2) – Le RIPAM et les privilèges

Nautisme et Plaisance – Les abordages figurent parmi les risques majeurs de la navigation. L’ensemble des règles dites “de privilèges” (priorités) est regroupé dans le RIPAM (Règlement International pour Prévenir les Abordages en Mer, COLREG en anglais).

Les règles de barre et de route (1/2) - Le RIPAM et les privilèges

En théorie, le RIPAM fait partie de l’équipement de sécurité

Etudions-en les grandes lignes dans le domaine de la plaisance.

En mer, les règles sont fixées en fonction des types, situations, usages, directions et propulsions des navires. Le principe fondateur consiste à donner un privilège aux navires les moins facilement manœuvrant, afin que les plus manœuvrant profitent de leur manœuvrabilité pour éviter les accidents.

De chaque situation découle ou non un privilège, c’est à dire une priorité en langage terrien.

Les règles de barre et de route (1/2) - Le RIPAM et les privilèges

Veillons un peu

Il y a risque d’abordage si le relèvement d’un navire en route ne change pas mais si sa taille augmente !

Afin de limiter les risques d’abordage, le RIPAM impose une veille (surveillance), visuelle et auditive permanente à bord de tout navire en marche.

Les règles de barre et de route (1/2) - Le RIPAM et les privilèges

Les privilèges existent toujours !

Une première distinction s’opère entre les situations des navires. Dans la liste suivante, la force du privilège décroît de haut en bas :

  • Un navire non maître de sa manœuvre (avarie), extrêmement privilégié ;
  • Un navire à capacité de manœuvre restreinte (mise à l’eau de plongeurs ou scaphandriers, dragues…), très fortement privilégié ;
  • Un bateau handicapé par son tirant d’eau (paquebot en rade), fortement privilégié ;
  • Un navire en action de pêche (chalutage), fortement privilégié ;
  • Un voilier, privilège, privilégié ;
  • Un bateau à moteur, non privilégié.

Les navires les moins manoeuvrants sont privilégiés sur tous les autres.

Ainsi, en cas de route de collision, les navires non-maîtres de leur manœuvre (navires en avarie), les navires a manœuvrabilité réduire (drague en service), les voiliers sont privilégiés face aux bateaux à moteur.

Un bateau à moteur devra s’écarter d’une route de collision impliquant toutes les autres catégorie de situation de navires.

Un voilier à la voile devra s’écarter face à un navire en action de pêche.

Les navires de travail (pêcheurs, cargos, pilotes…), les voiliers, les planches à voile sont privilégiés sur les embarcations à moteur de plaisance. Attention, par voilier, j’entends des voiliers sous voiles uniquement. En effet, un voilier au moteur perd son privilège.

A suivre : les manœuvres d’évitement de collision.

Les règles de barre et de route (1/2) - Le RIPAM et les privilèges

Les règles de barre et de route (2/2) – Les manœuvres d’évitement de collision

Nautisme et Plaisance – Selon que l’on navigue à la voile ou au moteur, les règles de barre en cas de croisement diffèrent. Encore faut-il savoir distinguer sa gauche de sa droite !

Les règles de barre et de route (2/2) - Les manœuvres d’évitement de collision

Les règles de barre entre navires à moteur

  • Sens d’échappée lors d’une route de collision de faceQuand deux bateaux à moteur naviguent sur une route de collision face à face, ils doivent chacun éviter par tribord laissant l’autre navire sur bâbord (gauche).

    Les deux bateaux manœuvrent

Les règles de barre et de route (2/2) - Les manœuvres d’évitement de collision
  • Sens d’échappée lors d’un croisementQuand deux bateaux à moteur naviguent sur une route de croisement, celui apercevant l’autre sur sa droite doit le laisser passer. L’usage veut aussi que celui qui laisse passer, croise derrière l’autre. C’est la priorité à droite !

    Le rouge manœuvre.

Les règles de barre et de route (2/2) - Les manœuvres d’évitement de collision

Les règles de barre entre navires à voiles

Pour les voiliers, les règles de barres tiennent compte du bord sous lequel les bateaux reçoivent le vent.

  • Le voilier navigant “Tribord amure” (le vent lui venant de son tribord) sera prioritaire sur celui navigant bâbord amure.C’est le bateau le recevant de bâbord qui devra manœuvrer.

    C’est B qui manœuvre

Les règles de barre et de route (2/2) - Les manœuvres d’évitement de collision
  • Quand les deux voiliers reçoivent le vent du même côté, sur le même bord, c’est le bateau sous le vent qui est prioritaire (se trouver « sous le vent » d’un navire signifie recevoir le vent après le premier navire.Se trouver “au vent” signifie recevoir le vent le premier). En effet, le bateau situé sous le vent peut se trouver déventé par le premier et disposer ainsi de possibilités de manœuvres plus réduites lui offrant le privilège.

    C’est le bateau vert, situé au vent, qui manœuvre

Le bateau vert doit s'écarter.

Le bateau vert doit s’écarter.

  • Si un voilier recevant le vent de bâbord vient à suivre une route de collision avec un second pour lequel il est impossible de déterminer de loin l’amure sous laquelle il navigue, le premier voilier devra s’écarter.Le bateau rattrapant

    Dans le cas d’un navire en rattrapant un autre, c’est toujours le “rattrapant” qui doit manœuvrer. Se considère comme rattrapant tout navire faisant route sur l’arrière d’un autre selon une route de moins 22,5°.

    Si le rattrapant n’est pas certain de gagner du terrain sur l’autre, il doit tout de même manœuvrer.

Les règles de barre et de route (2/2) - Les manœuvres d’évitement de collision

La bonne manœuvre pour éviter la collision

Une bonne manœuvre d’évitement doit être franche, c’est-à-dire suffisamment marquée pour être visuellement comprise par le navire privilégié et effectuée avec anticipation…

Il faut opérer, si possible, un changement de direction franc, 20-30° afin que la nouvelle route soit clairement identifiable comme une route d’évitement.

Par anticipation, on entend que la manœuvre du navire évitant et la réaction du navire évité se produisent doivent pouvoir se dérouler tout en restant en sécurité.

Le bon sens prime toujours

Si, par malchance, à l’approche d’une collision, un navire non privilégié ne manœuvrait pas, le navire privilégié doit, de manière obligatoire, tout de même manœuvrer pour éviter l’accident.

Les règles de barre et de route (2/2) - Les manœuvres d’évitement de collision

Règles de barre par visibilité réduite

En cas de visibilité réduite, il n’y a plus de privilèges. Chacun devra prendre des mesures appropriées pour éviter une situation dangereuse.

En présence d’un autre navire sur route d’abordage, plusieurs précautions s’imposent :

  • On évite de virer à gauche.
  • On évite d’effectuer une manœuvre plaçant notre embarcation en travers de la route d’un autre bateau en marche.
  • On évite se croiser par l’avant. Si on localise un navire par son travers avant, et sauf nécessité urgente immédiate, mieux vaut stopper le bateau et laisser l’autre manœuvrer.

Quelle que soit la situation, il faut toujours agir de manière à disposer de temps pour réagir et anticiper largement les changements de cap.

Mieux vaut prévenir que guérir