L’export , les moteurs , l’occasion et l’emploi .

Les industries nautiques françaises passent le cap des 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires

Il aura fallu 10 ans à la filière industrielle pour dépasser le niveau de 4.9 milliards atteint en 2007-2008, avec toutefois une répartition de l’activité qui a fortement évolué.

Yves Lyon-Caen, président de la Fédération des Industries Nautiques

Yves Lyon-Caen, président de la Fédération des Industries Nautiques

Le 5 septembre, la Fédération des Industries Nautiques française organisait à Paris, au Pavillon de l’Eau, sa traditionnelle conférence de presse, l’occasion de présenter les chiffres de l’année 2018 et de donner un premier sentiment sur la saison 2019-2020 qui débute.

En 2018, le chiffre d’affaires de l’industrie et des services nautiques a atteint 5.09 milliards d’euros, en croissance de près de 5%.

« Il s’agit de la meilleure performance depuis la crise de 2008 » a déclaré Yves Lyon-Caen, pésident de la FIN sur ActuNautique. « Cette progression provient principalement des exportations dont le taux a atteint, en 2018, 76.4% de la production. Cette dynamique devrait également se confirmer pour l’année 2019. Incontestablement c’est une bonne nouvelle pour l’ensemble du secteur nautique, mais nous restons toutefois vigilants en raison des incertitudes qui pèsent sur le plan international ».

L’exportation, moteur de la croissance de la filière

Ce croissance de 5% a ainsi permis à la filière de passer de 4.8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017 à 5.09 milliards, dépassant le chiffre d’affaires d’avant crise de 4.9 milliards.

Cette croissance est avant tout à mettre au crédit de l’export, passé de 74.9% en 2016 à 76.4% en 2018. La France représente 24% du chiffre des industries et services nautiques, l’Europe 38% et le reste du monde 38.4%.

En Europe, cette croissance est portée par l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, l’Europe du Nord. La Suède vient d’ailleurs de boucler une saison record en termes de ventes. En Grande-Bretagne, le Brexit semble avoir gelé les ventes de bateaux neufs depuis janvier, les clients se montrant très attentistes, tandis que le marché de l’occasion est très dynamique, avec dans certains cas des manques de bateaux. Autres pays européens difficiles, la Russie et la Turquie.

En Amérique du Nord, la croissance est de mise mais une certaine prudence est de mise, la guerre commerciale ayant affecté des pans entiers du secteur, comme la construction de bateaux en aluminium, un gros secteur outre Atlantique.

11008 bateaux neufs immatriculés en 2018, contre 10651 en 2017 (+3.4%

Le chiffre d’affaires des industries et services nautiques est avant tout porté par les bateaux à moteur, avec  9224 immatriculations en 2018, contre 8880 en 2018, ces mêmes chiffres pour la voile étant de 1784 et 1771.

Le secteur de la voile affiche une évolution étale, le segment des multicoques y étant toutefois très dynamique, ce qui reflète une situation toujours difficile pour la voile monocoque.

56622 bateaux d’occasion immatriculés en 2018, contre 54692 en 2017 (+3.5%)

Le marché des bateaux d’occasion affiche une croissance de 3.5%, sur lequel la voile est un peu plus représentée que dans le domaine des bateaux neufs , sans doute en partie pour des question d’accessibilité de l’offre.

Les voiliers représentent ainsi 18.3% des bateaux d’occasion échangés, contre 16% des bateaux neufs vendus.

La prudence est de mise pour 2020

Dans un contexte géopolitique incertain, la prudence est de mise pour la saison 2019-2020 qui vient de débuter.

A cet égard, si les contacts en concession semblent être bons, les tendances observées sur les premiers salon européens notamment Cannes, Gênes, Barcelone, Southampton, Fort Lauderdale.. sera le meilleur élément pour anticiper l’évolution de la demande, dans un contexte où les constructeurs ont une fois de plus répondu présents en termes de nouveautés produits et d’innovations.

Le secteur nautique place l’emploi au cœur de sa stratégie

En 2018, les effectifs des industries et services nautiques ont augmenté de 3,6% pour atteindre les 42 930 salariés (emplois directs). Cette progression s’est poursuivie en 2019 et devrait encore se prolonger en 2020, selon une enquête de la Fédération des Industries Nautiques (FIN).  70% des entreprises interrogées souhaitent en effet recruter à court terme, pour trois motifs principaux :  l’augmentation de la production, les départs en retraite (notamment dans le secteur de la construction) et le lancement de nouvelles activités. « Depuis deux ans, la création d’emploi dans l’industrie nautique se poursuit au rythme annuel d’environ un millier de postes, dont plus de la moitié en contrats à durée indéterminée. Aujourd’hui, les entreprises font face à une insuffisance de ressources humaines et cherchent de nouveaux moyens pour attirer des candidats qualifiés », rappelle-t-on à la FIN.

Pour aider à satisfaire les besoins de recrutement, la FIN a ainsi lancé plusieurs chantiers :

  • La réforme de sa convention collective, notamment pour renforcer l’attractivité des métiers de la branche.
  • La réforme de ses formations pour être au plus près des attentes des entreprises et la création d’une formation initiale construction nautique.
  • L’adaptation des 12 CQP (certificats de qualification professionnelle) de la branche aux besoins des entreprises et une nouvelle dynamique autour des différents « Campus du nautisme ».

« Les études que nous menons actuellement dans les régions montrent que le secteur est porteur de 140 000 emplois directs et indirects. Réformer notre convention collective, moderniser nos formations, donner de l’attractivité à nos métiers et aussi, mieux faire savoir que des débouchés sont possibles au sein de nos entreprises, mobilisent notre énergie », conclut Yves Lyon-Caen, Président de la FIN.