Prudence météo

Orages en mer : mieux les comprendre pour les affronter

A l’approche de l’été, les situations orageuses se multiplient sur nos littoraux, même si la mer n’est pas la zone la plus exposée à ces phénomènes météorologiques violents. L’orage est un événement potentiellement dangereux, qu’il convient de comprendre afin de mieux se préparer à l’affronter. Explications à l’usage du plaisancier.

S’il est rapide de plier sa serviette de plage lorsque le tonnerre se met à gronder, la situation devient plus inquiétante lorsqu’on se fait surprendre à quelques encablures de la côte. Rappelons tout d’abord que les orages préfèrent éclater dans l’intérieur des terres : les côtes dominées par un arrière-pays montagneux sont plus menacées (Riviera niçoise, golfe de Gênes, côte Cantabrique…). Mais elles ne sont pas les seules à être vulnérables : en Europe il existe des zones réputées pour leurs gros orages, comme le Golfe de Gascogne, la Mer Tyrrhénienne et la Corse par exemple. Sur nos côtes françaises, on se méfiera donc du Pays Basque, de la Côte d’Azur et de la Corse. En moyenne, on note 38 jours d’orages par an à Ajaccio, 33 à Nice et Biarritz, 18 au Cap Ferret, 14 à Sète, 10 à Boulogne sur Mer et 5 au Cap de la Hague comme à l’Ile d’Ouessant.

Que faire ?

Les orages survenant de nuit sont souvent les plus dangereux pour les navigateurs, car il est difficile d’estimer une manœuvre de repli. Généralement, la zone où crépitent les éclairs vous indique le cœur du foyer orageux et sa progression, mais parfois, cela flashe de partout. Vous pouvez estimer la distance de l’orage en comptant le temps entre la vision de l’éclair et le bruit du coup de tonnerre, sachant qu’une seconde équivaut à 300 mètres (5 secondes = 1 mille). Si vous n’avez plus le choix, laissez passer l’orage en prenant les précautions d’usage : se munir de son gilet ou harnais de sauvetage, affaler la grand voile et garder un minimum de toile sur le génois pour conserver un peu de vitesse, et rester éloigné des parties métalliques du bateau. Éteignez aussi votre matériel électronique de bord. Quant à l’équipage resté à l’intérieur, il doit s’asseoir sur les fonds, la cabine constitue une bonne protection. Si vous avez une coque bois ou en matière synthétique, vous pouvez fixer une chaîne au pied de mât ou au haubanage, l’autre extrémité plongeant dans l’eau, cela jouera le rôle d’un paratonnerre.

Autre danger de l’orage, les rafales de vent. Ce n’est pas systématique, certains orages apportant une pluie torrentielle et des éclairs dantesques sans un souffle d’air (notamment dans les zones tropicales). Mais souvent, juste à l’avant de l’orage, la masse d’air poussée par le front génère une ligne de grain, c’est-à-dire un « front de rafales » qui peut brusquement atteindre 40 à 50 nœuds, levant une mer courte et hachée. On se croit alors en pleine tempête, mais cette « baston » ne dure généralement pas plus de 20 à 30 minutes, c’est alors la pluie qui viendra mettre fin à votre calvaire. Ces phénomènes sont également très redoutés sur les grands lacs, en particulier le Léman, qu’il ne faut pas sous-estimer.

(Figaronautisme )