Un constructeur rochelais à l’honneur !

Vidéo. La Rochelle : doublé pour Amel Yachts

Vidéo. La Rochelle : doublé pour Amel Yachts
Le travail de 140 salariés récompensé par deux prix de Voilier européen de l’année.© Crédit photo : JEAN-CHRISTOPHE SOUNALET
Par Philippe Baroux

Deux ans après le prix du Voilier européen de l’année décerné à son 50 pieds, le nouveau modèle de l’entreprise nautique, l’Amel 60, est consacré à son tour.

Le 18 janvier, un jury de 12 journalistes spécialisés de la presse nautique décernait à l’Amel 60 le trophée de Voilier européen de l’année 2020, catégorie « croiseurs de luxe ». Déjà exceptionnelle en soi, la récompense est ici d’autant plus singulière que c’est la deuxième fois en deux ans que le chantier nautique de Périgny l’accroche. Le coup d’avant, c’était avec l’Amel 50, distingué lui aussi à l’occasion du Salon nautique de Düsseldorf (Allemagne).

Le coup double a fait moins de bruit que la troisième étoile de Christopher Coutanceau. Mais il n’est pas moins glorieux. Il récompense 100 % de la gamme du fabricant qui ne propose que deux modèles, dans un univers où les chantiers nautiques affichent pléthore de propositions à leurs catalogues.

Un choix stratégique

« Ces deux prix nous encouragent, ils nous disent que nous ne nous sommes pas trompés », commente aujourd’hui modestement Emmanuel Poujeade, le directeur général de cette entreprise – comptant parmi les poids lourds historiques de la filière nautique rochelaise – qui modifiait récemment ses orientations stratégiques.

La force de l’entreprise ? Ses savoir-faire
La force de l’entreprise ? Ses savoir-faire  © Crédit photo : JEAN-CHRISTOPHE SOUNALET

Un héritage, c’est parfois lourd. Si, au plan financier, ces acquis avaient permis à Amel Yachts de survivre à la crise que la filière traversait entre 2008 et 2013, pour retrouver les vents portants, la direction imaginait qu’il fallait néanmoins prendre quelques distances avec une partie de l’histoire. C’est l’esprit dans lequel ce nouveau projet industriel a été façonné à partir de 2016. Les deux voiliers distingués en 2018 et cette année au Salon de Düsseldorf sont les ayants droit directs de cette nouvelle approche.

Avec ces modèles dessinés par le cabinet d’architecte rochelais Racoupeau, Amel Yachts renonce à certains codes qui avaient autrefois fait leurs preuves sur le marché, et ouvre un nouveau livre : le gréement en sloop (un mât) préféré au ketch (deux mâts), le redressement de l’étrave des coques pour accentuer la modernité des lignes, et jusqu’aux teintes des coques elles-mêmes. Simultanément, les ateliers poursuivent une réorganisation commencée au magasin des pièces détachées pour améliorer la productivité, le suivi des tâches, sans renier une culture d’entreprise où les savoir-faire des salariés sont le cœur du réacteur.

Supprimer des marqueurs forts

« Il n’était pas évident de renoncer à ces marqueurs forts », souligne le dirigeant qui explique : « Les nouveautés, on le sait, sont un levier. Si nous n’avions pas sorti ces deux modèles et conservé les précédents, le 64 et le 55, nous serions morts aujourd’hui. »

L’enjeu était bel et bien de toucher une nouvelle clientèle. Si, à la naissance de l’Amel 50, ce pari du renoncement aux attributs anciens paraissait risqué, le sourire affiché deux ans et demi plus tard est un bilan à lui seul. Car non seulement la presse spécialisée a consacré les nouvelles options de la plus retentissante des manières. Mais, en plus, la clientèle les a portées aux nues. Un succès commercial avec 54 contrats de vente signés à ce jour pour l’Amel 50.

Les belles lignes d’un voilier Amel en cours de finition
Les belles lignes d’un voilier Amel en cours de finition  © Crédit photo : JEAN-CHRISTOPHE SOUNALET

Et six mois après sa présentation officielle au salon de Cannes, l’Amel 60 est tout aussi bien né : les lauriers de Düsseldorf et 11 ventes depuis septembre. Les indicateurs sont même plus positifs encore que pour le 50 dit-on ici, à l’évocation du léger et inexpliqué tassement qui avait suivi la remise de son prix européen.

« Le retour économique d’un tel prix est insondable, commente Emmanuel Poujeade. Mais ce qui est certain, c’est que les clients qui ont acheté le 60 avant le prix sont contents, et ceux qui hésitaient sont rassurés dans leur démarche d’achat. »

Ce trophée, c’est aussi la garantie d’une belle visibilité offerte dans les magazines spécialisés, aux quatre coins de l’Europe, dont sont issus les journalistes du jury. Une précieuse audience. C’est, enfin, une petite voix encourageante qui murmure aux équipes d’Amel yachts : « Allez-y ! ».

Deux ans de visibilité

Le plan de production de l’entreprise est complet pour l’année nautique en cours qui s’achèvera en août prochain, avec les fabrications programmées de 15 Amel 50 et 5 Amel 60, tous vendus. Et pour le candidat à un achat sur l’année 2020–2021, il faudra jouer serré. Le plan de production prévoit la construction de 16 Amel 50 et 5 Amel 60. À ce jour, il ne reste que trois possibilités de réaliser son rêve, une fenêtre pour un Amel 60 (vendu entre 1,6 et 2 millions d’euros hors taxes selon le niveau des options) et deux fenêtres pour l’Amel 50 (entre 830 000 et 1 million d’euros hors taxes). Sachant que, compte tenu de négociations en cours avec des clients potentiels, la direction « a bon espoir de boucler la totalité du plan de production avant la fin du mois de mars ».