Y a-t-il un skyper dans le bateau ?

Un bateau traverse la Manche sans équipage pour livrer des huîtres en Belgique

Un bateau est arrivé au port d’Ostende mardi soir, après avoir traversé la Manche sans équipage. Une première mondiale pour ce drone maritime, qui transportait des huîtres entre les côtes anglaises et la Belgique.

Un bateau traverse la Manche sans équipage pour livrer des huîtres en Belgique 
Un bateau traverse la Manche sans équipage pour livrer des huîtres en Belgique 
Un bateau traverse la Manche sans équipage pour livrer des huîtres en Belgique 

Pour mener à bien cette traversée inédite, deux pilotes à distance se sont relayés pendant ce voyage de 22 heures. L’entrepreneur belge Antoon Van Coillie compte bien utiliser la même technologie pour les bateaux autonomes sur les voies navigables intérieures en Belgique. 

La société britannique Sea-Kit a réussi à faire naviguer un bateau de 12 mètres sur 2,2 m de large sans équipage. Piloté depuis un centre de contrôle britannique, le bateau a ensuite quitté Ostende après avoir embarqué des bières belges pour son voyage de retour.

Il s’agit de la première fois qu’une telle technologie est testée en haute mer ; l’embarcation, équipée de caméras classiques et thermiques, de radars et de microphones, a évité des navires et des éoliennes.

La traversée a eu lieu grâce au soutien des autorités maritimes britanniques, du Foreign Office et du Service public fédéral belge Mobilité, de l’Agence flamande des Services Maritimes et Côtiers et du port d’Ostende, ainsi que de l’Agence spatiale européenne (ESA).

L’entrepreneur belge Antoon Van Coillie, PDG de Blue Line Logistics, était également impliqué dans le projet, souhaitant utiliser la même technologie sur ses navires : « Nous espérons voir des bateaux sans équipage sur nos voies navigables intérieures, d’ici deux ans. La technologie est là mais les réglementations ne sont pas encore en vigueur », explique-t-il. Selon lui, la navigation autonome devrait apporter de nombreux avantages. « Environ 85% des accidents actuels en mer sont dus à une erreur humaine. Avec cette technologie, nous rendons le transport maritime plus sûr… et plus écologique », précise-t-il. « Des postes seront supprimés et d’autres seront créés. Nous avons l’intention de recycler le personnel, car les navires devront toujours être pilotés, même à distance », conclut Antoon Van Coillie.

Le transport de marchandises n’est pas pour l’instant le premier objectif visé par ce drone maritime. Il pourrait en revanche, à terme, réaliser des missions d’études environnementales ou hydrographiques, ou participer à la sécurité en mer.

Ce test pourrait préparer les premiers navires de transport de passagers sans équipage. Sa vitesse, actuellement inférieure à 10 km/h, est assurée par un moteur hybride diesel/électrique, pour une autonomie maximale de 22 000 kilomètres. Des unités plus grandes sont planifiées pour 2020.