Le baroud du bar !

Charente-Maritime : la pêche aux bars fait des vagues


Charente-Maritime : la pêche aux bars fait des vagues
Pour capturer les bars, certains pêcheurs utilisent le chalut pélagique, filet en entonnoir à grande ouver

Deux associations de plaisance s’alarment de la dérogation autorisant la pêche de ces poissons lors de leur reproduction

Le bar est une espèce emblématique des pêches françaises. Une capture de choix pour les professionnels, bien valorisée sur les marchés mais aussi prisée des plaisanciers qui capturent, annuellement, un volume équivalent à la pêche professionnelle. Ces dernières années, l’état dégradé du stock nord (dans la Manche) a conduit à l’adoption de mesures drastiques pour réduire la pression de la pêche globale : celle des professionnels et celle, récréative, des plaisanciers.

Le plateau de Rochebonne, situé à moins de 100 kilomètres de nos côtes, au large de l’île de Ré, de l’île d’Oléron et des Sables d’Olonne, est un des lieux de reproduction hivernale prisé par le bar. Ce poisson migrateur trouve, à cette période de l’année, des conditions idéales de reproduction et une nourriture abondante comme les petites espèces de poisson gras se regroupant en banc (sardines, anchois et chinchards). Ciblant les mêmes proies, le dauphin commun est, lui aussi, un habitué de Rochebonne – dont une partie est classée en zone Natura 2000 mer – pendant la même période que les bars.

Les politiques alertés

Vent debout contre la pratique d’autorisation de pêche professionnelle en pleine zone de reproduction des bars, deux associations de plaisance et de pêche de loisirs alertent les responsables politiques de la région par un courrier en date du 15 janvier.

Annick Danis, présidente du Comité départemental pêche plaisance, également présidente de l’association Pêches et nautisme de Rivedoux, et Guy Perrette, du Comité vendéen des pêcheurs de loisir, soutenus par le président de la Fédération nationale de la plaisance et des pêches en mer, pointent du doigt la dérogation autorisant 34 bateaux au chalut pélagique à pêcher le bar entre le 1er décembre 2017 et le 31 janvier 2018 sur le plateau de Rochebonne. Celle-ci émane de la Direction interrégionale de la Mer (Dirm) Sud Altantique de Bordeaux par un arrêté en date du 20 novembre 2017 signé par son directeur, Éric Levert, par délégation préfectorale.

Quid des dauphins ?

« Nous alertons les politiques pour que l’interdiction de pêcher sur la zone de reproduction soit imposée à tous, aussi bien aux professionnels qu’à la pêche de loisirs. Certains scientifiques estiment que, dans 5 ans, il n’y aura plus de bars si la situation perdure », confie Annick Danis. Et d’ajouter : « Le fait que la Dirm autorise des chalutages sur le plateau de Rochebonne, sans même épargner la Zone Natura 2000, nous consterne. » Une incompréhension et une inquiétude pour la filière nautique et de pêche loisir que résument les signataires du courrier : « ces mesures ont des conséquences graves sur l’économie et l’emploi de toute la filière nautique et aussi sur l’activité touristique des régions concernées. Chacun de nous s’inquiète et constate la baisse inquiétante de la ressource d’année en année dans le golfe de Gascogne. »

Les magasins U, Leclerc, Carrefour et Auchan se sont engagés à ne pas vendre de bars sauvages pendant la période de reproduction de l’espèce. La démarche des professionnels de la distribution pourrait-elle amorcer une reconsidération des pêches sur zone de frayères ?

Une autre interrogation est en suspens. « Le chalutage serait-il responsable des échouages de dauphins sur nos côtes (lire ci-dessous) ? », se demande Annick Danis.

Pour l’heure, Olivier Falorni, député de La Rochelle-Ré, a répondu aux lanceurs d’alerte par une copie de la question écrite adressée au ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Stéphane Travert.

Jérôme Spitz est ingénieur de recherches scientifiques à La Rochelle
Jérôme Spitz est ingénieur de recherches scientifiques à La Rochelle

Crédit photo : ARCHIVES XAVIER LEOTY

Pas la pêche la plus vertueuse

Jérôme Spitz est ingénieur de recherches scientifiques à l’Université de La Rochelle et chargé de la coordination générale et scientifique des actions et des projets de l’observatoire des populations de mammifères marins pour l’observatoire Pélagis.

« Sud Ouest » Y a-t-il un lien entre la surmortalité des dauphins et l’autorisation de la pêche au bar sur le plateau de Rochebonne ?

Jérôme Spitz Non, au niveau de Rochebonne, il n’y a pas eu de chalutage pélagique (1) sur le site entre 2016 et 2017 puisque l’arrêté est délivré un an sur deux. On ne peut donc pas sectoriser la mortalité des dauphins au plateau de Rochebonne. La surmortalité de l’année dernière n’est pas liée à cet arrêté là. Près de 4 000 dauphins morts dans le golfe de Gascogne en 2017 présentaient des traces dues à des engins de pêche. Potentiellement, ce sont les mêmes bateaux qui péchaient sur une autre zone qui pourraient être à l’origine de la mortalité mais il peut y avoir d’autres formes de pêcheries impliquées. Nous ne pouvons pas déterminer le type de bateau, ni le type de chalut responsables.

Que pensez-vous de la pêche au chalut pélagique en période de reproduction des bars ?

La pêche au chalut pélagique n’est pas la plus vertueuse en terme de protection de la ressource, c’est certain. Bars et dauphins ciblent les mêmes proies. Les bars, au moment de la reproduction, vont se nourrir sur les mêmes sites que les dauphins. Les pêcheurs qui suivent les bars prennent les deux espèces dans leur chalut à très grande ouverture verticale… Le réflexe du dauphin est de remonter vers le haut où, malheureusement, ils meurent asphyxiés. Les études menées entre 2005 et 2007 pour essayer d’identifier les pêcheries responsables de ces captures ont montré qu’une des pêcheries occasionnant beaucoup de captures en cette saison était la pêche pélagique au bar en hiver au moment de la reproduction.

(1) Large filet à entonnoir remorqué qui évolue entre le fonds et la surface. Les bancs de poissons sont ciblés par sondeur et le filet adapté en profondeur pour les capturer.

« Il faut arrêter de fantasmer sur les chalutiers pédagogiques »

« Il faut arrêter avec cette polémique sur les chalutiers pélagiques qui pêchent le bar. Les statistiques de FranceAgriMer (1) viennent de tomber. Elles précisent que leur part dans les captures de bars est de 8 % en 2016. Par comparaison, elle était de 40 % en 2012. Il faut arrêter de fantasmer sur les pélagiques, leur nombre a baissé de 60 % en dix ans. C’est la catégorie de navires qui a été la plus détruite et la chute n’est pas terminée. » Pour Éric Renaud, directeur de l’organisation de producteurs de la Cotinière, sur l’île d’Oléron, le procès fait aux pêcheurs professionnels n’a pas lieu d’être. En particulier s’agissant du banc de Rochebonne où la paire de chalutiers pélagiques qui réalisait une production importante est dissociée, explique-t-il. « L’un des chalutiers est parti vers l’Afrique il y a sept ans et le deuxième est armé au merlu. »

Des débarquements stables

Pour ce professionnel de la gestion de l’effort de pêche et des quotas, un autre argument dément le raisonnement des plaisanciers : l’abondance de la ressource en bar. « Le bar, dans le sud du golfe de Gascogne, se porte bien. Tous les retours des patrons de pêche (et même des plaisanciers à la ligne) confirment une forte présence de juvéniles. Par ailleurs, les débarquements sont stables depuis dix ans avec un effort pêche constant, 200 tonnes par an en moyenne à La Cotinière, 250 tonnes en 2017, année record. »

Dans une communication qu’il adressait à ses collègues, Julien Lamothe, son homologue du From Sud Ouest basé à La Rochelle, souligne que « tous les bars débarqués par les pêcheurs français et commercialisés dans la filière sont capturés dans un cadre légal et dans une approche de durabilité ». Pour le stock sud, ajoute-t-il en substance, les organisations suivent l’analyse du Conseil international pour l’exploration de la mer. Lequel précise que « l’abondance du stock (dans le golfe de Gascogne, NDLR) est stable, avec une légère réduction dans les dernières années. Tendance bien identifiée par les pêcheurs qui ont adopté des mesures de gestion complémentaires pour mieux encadrer la pression de pêche : quota national, limitation des captures par sorties, taille minimale de 38 centimètres et, pour la plaisance, limite à trois bars par jour et par personne. »

Éric Renaud, qui est aussi pêcheur plaisancier, saisit le rebond et renchérit : « Je trouve limite la polémique des plaisanciers. Tu vas dix fois à la pêche par an, tu pêches 30 bars et tu en fais quoi ? Tu les manges tous ? La réalité c’est que beaucoup vont en mer et vendent leur poisson sous le manteau. La réalité c’est qu’ils ne sont pas capables de réglementer ça entre eux. » Ce que défend l’Oléronnais, c’est la non-ingérence de la gestion des uns dans les pratiques des autres tout en rappelant, à qui veut s’en saisir, que les professionnels ne peuvent entendre qu’ils ne font aucun effort : « Le taux autorisé de capture du bar des professionnels est diminué de 10 % cette année, après les 10 % de l’année précédente. »

Philippe Baroux


Espoir d’escale à la Cotinière ?

La Cotinière : marées, tempêtes… une maquette pour tester l’extension du port


La Cotinière : marées, tempêtes… une maquette pour tester l’extension du port
Simulation visuelle de la future halle à marée

Étape importante du projet oléronnais : Grenoble reçoit la maquette du troisième bassin. Les calculs du modèle numérique sont testés en trois dimensions

L’avenir du port de pêche de la Cotinière se dessine au pied des Alpes. À Grenoble, les infrastructures du projet d’extension oléronnais sont testées au sein du laboratoire d’hydraulique d’Artelia.

L’immense bassin de 30 mètres de côté de cette unité d’ingénierie multidisciplinaire a déjà permis, entre autre projets maritime, d’éprouver les îles artificielles du gisement de Zakum (Émirats arabes unis), de dupliquer les défenses de port Constanta (Roumanie) ou encore de valider le terminal à conteneur de Tema (Ghana). Vient le tour du futur troisième bassin cotinard, de ses digues et accès maritimes.

Autant dire que ce projet, vieux de près de quinze ans, entre dans une échelle aussi visuelle que concrète. La semaine dernière, aux premiers jours du contrôle, le directeur du port Nicolas Dubois, découvrant ce banc d’essai, en a été le témoin. Le maire de Saint-Pierre-d’Oléron, Christophe Sueur, et les conseillers départementaux d’Oléron, Dominique Rabelle et Michel Parent, s’y déplaceront à leur tour début mars. Ils seront accompagnés des directeurs du projet Ceteaucéans ainsi que l’opération oléronnaise est désignée par le groupe Vinci lauréat, fin 2016, de l’appel à partenariat public-privé émis par le Conseil départemental de la Charente-Maritime pour la réalisation du bassin et de la nouvelle halle à marée

Vue actuelle du port de La Cotinière

C’est un port de pêche à échelle réduite qui est immergé dans la banlieue grenobloise. Il s’agit de valider, au plan physique, les calculs du modèle numérique. L’agitation de la houle dominante d’ouest ou de sud, les marées centennales, les plus grosses tempêtes y seront ainsi reproduites au fil de 12 scénarios dont l’exécution demandera un mois et demi. Tous les choix techniques seront corroborés. Cela va de la taille des enrochements préconisés pour les jetées aux effets de la houle dans le bassin à proprement parler qui recevra la flottille de pêche, en passant par le contrôle de non submersibilité des ouvrages. Pour la bonne cause, toutes les cotes du projet, de la hauteur des fonds à celle des quais et des jetées, ont été reproduites.

Les premières conclusions

Le simulateur a déjà rendu les premières conclusions. Heureuses. Ce que Nicolas Dubois a pu observer lors de sa visite « est globalement conforme aux modèles numériques », explique-t-il. Et si les premiers tests ont bien pointé quelques ajustements nécessaires, ceux-ci restent marginaux.
Au plan technique, le projet d’Oléron est bel et bien lancé sur une autoroute. Sa séquence administrative progresse aussi vite. « Les délais sont tenus », se réjouissent d’une même voix le maire et le directeur du port de pêche. Ce qui laisse augurer d’une installation du chantier dès septembre prochain et d’un premier coup de godet à la fin de l’année, sinon début 2019.
C’est que, depuis la première présentation publique du projet l’année dernière à Saint-Pierre-d’Oléron, les verrous de procédure sautent les uns après les autres. La formulation officielle de l’avis – annoncé comme favorable – des commissaires enquêteurs est imminente. C’est essentiel et cela vient souligner que le projet ne semble pas cristalliser d’opposition d’aucune sorte.

Une réplique à échelle réduite des jetées et du quai du troisième bassin de La Cotinière, dans l'île d'Oléron, a été réalisée dans le bassin d'essai grenoblois
Une réplique à échelle réduite des jetées et du quai du troisième bassin de La Cotinière, dans l’île d’Oléron, a été réalisée dans le bassin d’essai grenoblois

Crédit photo : Nicolas Dubois

Alors sera bouclée cette phase essentielle de l’enquête publique dont le préalable, laquelle clôt le montage réglementaire du dossier et sa validation auprès des divers services de l’État, direction de l’Environnement, direction des Territoires et de la mer. Le projet doit encore être validé par les services vétérinaires de la direction de la Protection des populations et recevoir son agrément sanitaire. Mais cela viendra après. La Ville de Saint-Pierre-d’Oléron doit au préalable instruire la demande de permis d’aménagement que lui a adressé le Département. L’été prochain arrivera aussi la demande de permis de construire, laquelle concerne tout spécifiquement la nouvelle halle à marée.

Définir l’usage quotidien

« Cette phase réglementaire mobilise beaucoup d’énergie mais les services de l’État se sont montrés très attentifs et ceux du Conseil départemental efficace », tient à souligner Nicolas Dubois.
Après le cadrage général de l’opération, c’est à sa définition précise que seront consacrées les prochaines semaines. Car si les plans prévoient la destination des grands volumes intérieurs, il reste encore à qualifier les emplacements précis des matériels. Où situer la salle de vente, le convoyeur, comment faire en sorte que flux entrants et sortant de marchandises ne se croisent pas ou que des produits frais et cuits ne se télescopent pas avec les déchets de l’exploitation ? Bien loin des essais grenoblois, il s’agit dès lors d’appréhender l’échelle de proximité du projet avec ses usagers, de s’attaquer à leurs questions pratiques et concrètes. Cela peut amener, par exemple, à déterminer l’emplacement d’une dalle sur laquelle le mareyeur installera son frigo, ou prévoir les pompages qui alimenteront les viviers, les cheminées qui évacueront les vapeurs des chaudrons. Assurément, une montagne d’attentes pas moins élevée que les Alpes du bassin d’essai.

Un transfert sans rupture

L’activité sera transférée de l’ancienne criée à la nouvelle halle à marée sans arrêt d’exploitation. C’est l’une des forces du projet cotinard dont les équipements (nouveau bassin et nouvelle halle à marée) seront livrés dans le courant de l’année 2021, au terme de deux années de travaux. Du côté des producteurs, les plus grosses perturbations sont attendues au moment du creusement du chenal. Il sera approfondi à la cote –2,50 mètres pour faciliter les mouvements de navires en direction – ou en provenance – du large. Lors de cette séquence du chantier, un balisage spécial de la voie navigable sera organisé.

Côté commercialisation, les huit entreprises de mareyage actives au sein de l’actuelle criée se rapprocheront du Centre régional d’innovation et de transfert de technologies agroalimentaires (CRITT) que le Département a missionné pour accompagner leur préparation du déménagement. Rappelons que le projet, d’un montant prévisionnel global de l’ordre de 50 à 60 millions, est étayé par deux motivations principales. D’une part, la sécurité de la flottille qui ne peut accéder dans l’actuel havre d’échouage que deux à quatre heures autour de la pleine mer. D’autre part, l’obsolescence de l’actuelle criée. L’essentiel des installations dédiées au débarquement et à la vente du poisson date des années 70. Elles ont été conçues pour travailler 2 000 tonnes annuelles, or aujourd’hui, la dynamique cotinarde opère un volume presque triple.

Nouveau pilote

Conséquence de la loi sur la Nouvelle organisation territoriale, le port de pêche changera de pilote. Le Département qui concédait jusqu’alors son fonctionnement à la commune de Saint-Pierre-d’Oléron, va en reprendre la gestion directe dans le cadre d’une régie départementale. Le projet d’un Syndicat mixte Département-commune, un temps évoqué, est donc mort-né.

Dans le cadre de cette future gouvernance, les 25 salariés de la commune affectés au port de pêche, directeur compris, basculeront sous la tutelle du Conseil départemental. « Des accompagnements individuels seront menés, mais pour ce qui est des salaires et des congés, rien ne changera », assure le directeur du port Nicolas Dubois qui rassure : « Tout ce qui est acquis est transféré. »

Philippe Baroux   Sud-Ouest


Un beau festival !

  • « Poisson d’or, poisson africain » : des pêcheurs de sardinelles en Casamance confrontés au projet d’une usine de farine de poisson sous capitaux chinois.

    « Poisson d’or, poisson africain » : des pêcheurs de sardinelles en Casamance confrontés au projet d’une usine de farine de poisson sous capitaux chinois.
  • « Tongue cutters » : les jeunes coupeurs de langues de morue dans un petit port de pêche du nord de la Norvège. Une coutume étonnante.

    « Tongue cutters » : les jeunes coupeurs de langues de morue dans un petit port de pêche du nord de la Norvège. Une coutume étonnante.
  • « Inuk en colère » : les Inuits vivant de la viande de phoque et du commerce de leur peau combattent avec humour leurs opposants.

    « Inuk en colère » : les Inuits vivant de la viande de phoque et du commerce de leur peau combattent avec humour leurs opposants.
  • « Atlantic » : des communautés de pêcheurs en Irlande, en Norvège et à Terre-Neuve, luttent face à de grands groupes pétroliers et des sociétés de pêche industrielle.

    « Atlantic » : des communautés de pêcheurs en Irlande, en Norvège et à Terre-Neuve, luttent face à de grands groupes pétroliers et des sociétés de pêche industrielle.
  • « Ama-San » : une communauté de femmes pêcheuses au Japon, plongeant à la recherche d'algues, crustacés et coquillages.

    « Ama-San » : une communauté de femmes pêcheuses au Japon, plongeant à la recherche d’algues, crustacés et coquillages.
  •  « Enquête sur ma mer » : l’emprise de lobbies environnementaux et groupes financiers sur la mer. Quel rôle pour les pêcheurs, les prud’homies ?

    « Enquête sur ma mer » : l’emprise de lobbies environnementaux et groupes financiers sur la mer. Quel rôle pour les pêcheurs, les prud’homies ?
  • « Il canto del mare » : auprès d'un vieux pêcheur de Camargue. Le dernier de son isthme.

    « Il canto del mare » : auprès d’un vieux pêcheur de Camargue. Le dernier de son isthme.
  • « La ultima barricada » : les rues de l’île de Chiloé brûlent de colère face au désastre environnemental provoqué par les élevages de saumon.

    « La ultima barricada » : les rues de l’île de Chiloé brûlent de colère face au désastre environnemental provoqué par les élevages de saumon.
  • « Los ojos del mar » : émouvant hommage aux disparus en mer dans la culture amérindienne.

    « Los ojos del mar » : émouvant hommage aux disparus en mer dans la culture amérindienne.

     

Festival de films Pêcheurs du monde : bousculer les préjugés

International, engagé auprès des peuples de la mer, loin des discours dominants : le festival de films Pêcheurs du monde dévoile la sélection de sa 10e édition.

Les 37 films seront projetés du 19 au 25 mars, à Lorient et aux alentours. C’est chaque année un enrichissement incroyable que de découvrir les communautés de pêche sous la caméra des cinéastes et documentaristes. Leur vécu résonne avec l’actualité internationale, la peuple de visages, de paysages, d’émotions… et interpelle les citoyens en nous. L’équipe nous promet encore « un festival toujours humaniste et résolument optimiste en ces temps troublés ».

Trois thèmes se distinguent : d’abord, les relations de l’homme à la nature, avec « la nécessité urgente d’inventer un nouveau système ». Les films abordent la surexploitation des ressources, l’environnement saccagé, la coupure entre la nature et les hommes, le renouveau de pratiques anciennes ou de nouveaux modèles porteurs de promesses. Ensuite, la gouvernance des océans, avec la domination des grands États et des firmes mondiales et la question vitale de l’accès aux ressources marines. Enfin, le regard sur la vie des gens de mer, les mutations de leurs métiers, les femmes et la mer et aussi les migrants, brûlante actualité.

Les projections dans les « escales » autour de Lorient débutent le lundi 19 mars et enchaînent avec un ciné-concert le mercredi 21 mars, avant d’ouvrir, le jeudi 22 mars, les projections des 14 films en compétition. Ceux-ci entraîneront le public dans une vingtaine de pays ou régions : Arctique, Canada, Chili, France, Inde, Irlande, Japon, Méditerranée, Mexique, Norvège, Sénégal, Indonésie, Pacifique, Portugal, Guinée, îles de l’océan Indien, Inde, Liban, Louisiane, Mauritanie / Sénégal et Vietnam. Les projections seront suivies d’échanges entre le public, les réalisateurs (une dizaine ont déjà confirmé leur présence), des scientifiques et des professionnels de la mer. La remise des prix, le dimanche 25 mars, se fera sous la présidence du conteur Lucien Gourong et sera croquée par le dessinateur Nono.

Solène LE ROUX


L’Hermione à La Rochelle .

Vidéo. Revivez l’arrivée de L’Hermione à La Rochelle


Vidéo. Revivez l’arrivée de L’Hermione à La Rochelle
La frégate est arrivée jeudi soir à La Rochelle.

Romuald Auge

Accueillie par une foule nombreuse, la frégate est entrée jeudi soir dans le bassin des Chalutiers. Elle y restera jusqu’au 21 février.

L’arrivée de  »L’Hermione’’ à La Rochelle est toujours un événement. Preuve en est la foule de spectateurs massée jeudi soir le long du chenal pour accueillir le trois-mâts, qui est entré dans le bassin des Chalutiers.

La frégate de Rochefort y restera amarrée, et ouverte aux visiteurs, jusqu’au 21 février, avant de partir pour un nouveau périple, cette fois autour de la Méditerranée

Fr.Zabalza Sud-Ouest

Et l ‘A.P.L.R était là avec une dizaine de bateaux pour l’accompagner .


Cocorico La Rochelle à Dusseldorf ! …

Le Salon nautique de Düsseldorf, un tremplin international pour les fabricants de Charente-Maritime


Le Salon nautique de Düsseldorf, un tremplin international pour les fabricants de Charente-Maritime
Fountaine-Pajot, Rhéa Marine, Dufour Yachts, Amel, Nautitech, etc. Tous les grands chantiers charentais-maritimes vont en Allemagne, séduits par la dimension internationale du salon de Düsseldorf.

photo archives pascal couillaud

Pourquoi les principaux fabricants de bateaux de Charente-Maritime exposent cette semaine au Boot, ce salon nautique international d’Allemagne ?

Depuis ce week-end et pour toute la semaine, l’Europe nautique a rendez-vous en Allemagne. La 48e édition du Boot, le salon nautique de Düsseldorf, va recevoir près de 230 000 visiteurs de 60 nationalités. 1 800 exposants les attendent dans une quinzaine de halls, dont les principaux chantiers nautiques charentais-maritimes.

1 Paris est en perte de vitesse internationale

Depuis quatre ans, le chantier Amel de Périgny a purement et simplement décidé de ne plus être présent à Paris pour concentrer l’effort de commercialisation sur d’autres salons internationaux, Düsseldorf en tête. Avec la sortie récente d’un nouveau produit (le Amel 50) et le changement d’organisateur au salon nautique parisien, la direction d’Amel avait pourtant étudié, en fin d’année dernière, la possibilité de reconsidérer sa stratégie. « Mais après être allé voir au parc des expositions de la porte de Versailles, en décembre dernier, nous nous sommes dit que non », tranche le directeur commercial, Antoine Rioton, qui module cependant : « Si nous n’étions pas déjà présents aux expositions de Cannes et de La Rochelle, peut-être que le raisonnement serait différent. »

Amel aborde le rendez-vous allemand avec un fort capital confiance. Le vent de la reprise souffle aussi sur le segment du voilier de luxe. Les débuts « satisfaisants » du 50 pieds, avec quinze unités vendues, et la production du modèle, combinée à celles du 55 et du 64 qui préexistaient dans la gamme, ont redonné des couleurs à l’entreprise. L’été prochain, l’exercice devrait afficher, à sa clôture, une vingtaine d’unités produites pour un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros. À deux unités près, le plan de production est, d’ailleurs, déjà rempli jusque-là.

Dans la filière, tous s’accordent sur un point : Düsseldorf prend des parts de marchés là où Paris dévisse. C’est très net dans la dimension internationale de l’exposition. « J’ai des rendez-vous avec des prospects russe, canadien, turque, anglais », souligne Antoine Rioton.

2 Attendre ce salon pour présenter des nouveautés

Un éclairage conforté par Christophe Perroux, le directeur financier de Nautitech, fabricant de catamaran et filiale du groupe allemand Bavaria. « Il n’y a plus de clientèle internationale au salon de Paris. En revanche, notre agent qui dessert les Antilles m’a dit que, pour lui, c’était un très bon salon. » Pour la filiale rochefortaise du groupe allemand Bavaria, exposer à Düsseldorf, c’est jouer le match à domicile avec la quasi-certitude d’engranger un bon résultat final dans le contexte économique actuel. « C’est “Le Gros salon”. J’en attends le tiers de notre volume d’affaires annuel », ajoute ce dirigeant. Ce n’est donc pas un hasard si Nautitech choisit l’Allemagne pour la sortie mondiale de son premier catamaran à moteur. Un « powercat » de 47 pieds (14 mètres) pour « coller à l’attente du marché et diversifier la gamme ». Le modèle répond à l’évolution du goût de la clientèle qui, au fil de l’âge, glisse du monocoque au plus confortable multicoque à voile et, son pouvoir d’achat aidant, bascule ensuite vers le moteur quand il ne veut plus border ses voiles.

3 Dynamiser son réseau de concessionnaires

Une logique qui sourit au chantier Fountaine-Pajot. Le chantier rochelo-aigrefeuillais, qui annonçait récemment qu’à l’issue des salons d’automne son volume de commandes est en progression de 54 % par rapport à l’an passé, présente deux modèles en Allemagne. Un catamaran, le Lucia 40 dans le hall voile, et un motoryacht, le MY 44 dans le hall des yachts, un an après y avoir été dévoilé. Ce dernier était d’ailleurs nommé au concours du voilier européen de l’année 2018 dont le palmarès était présenté samedi soir (lire ci-contre), ainsi que le Saona 47, un autre modèle de la gamme. L’empreinte du salon allemand est à ce point évidente que l’entreprise en profite pour « y mettre en dynamique » son réseau mondial de concessionnaires, explique son directeur général délégué, Romain Motteau. Une centaine de relais de la marque sont ainsi attendus dans la semaine. Ils viendront prendre le tempo de l’avant saison printemps-été et les consignes pour l’affronter. C’est alors qu’ils découvriront le lancement imminent d’un nouveau modèle voile (un 42 pieds) et le projet d’un motoryacht de 40 pieds qui devrait, à partir de la fin 2018, s’intercaler dans la gamme entre les MY 37 et le 44.

4 Capter les vendeurs de bateaux du monde entier

« Nous étions au Grand Pavois et à Paris. Mais c’est la première fois que nous montrons notre 35 Open à l’export », évoque Alex Pinet, le patron de Rhéa Marine, qui souligne, par ces mots, la dimension internationale de Düsseldorf où son chantier est présent depuis « quatre ou cinq éditions ». L’entreprise de Laleu ressort des salons d’automne avec un carnet bien rempli et une visibilité d’un semestre. Mais l’objectif de la présence outre-Rhin est moins orienté vers la vente que le développement du réseau de concessionnaires à l’étranger. Bien implantée dans le nord de l’Europe, de la Grande-Bretagne aux Pays scandinaves, la marque rochelaise ne réalise cependant que 30 % de son chiffre d’affaires à l’étranger. Exposer à Düsseldorf, c’est tenter de capter les vendeurs de bateaux du monde entier qui viennent dans ses allées respirer les tendances proposées chez les fabricants. Avec un objectif bien précis en l’occurrence : « développer la présence de Rhéa dans le sud de l’Europe ».

Pour sa deuxième participation au salon allemand, Yann Dubé présente un voilier, l’Ofcet 32 SC, lauréat à Paris.
Pour sa deuxième participation au salon allemand, Yann Dubé présente un voilier, l’Ofcet 32 SC, lauréat à Paris.

Crédit photo : archives xavier léoty

Trois bateaux rochelais primés samedi

Lors de la soirée d’ouverture du Boot de Düsseldorf, samedi, le jury du prix European boat of the year, le Bateau européen de l’année, a annoncé les six lauréats 2018. Dans la catégorie croiseur de luxe, les palmes reviennent au monocoque du chantier Amel de Périgny, l’Amel 50. En catégorie multicoques, c’est un autre chantier rochelais qui est distingué, Neel trimarans, pour son Neel 51, tandis que le MY 44 de chez Fountaine-Pajot est consacré « motoryacht of the year ». Quelques jours plus tôt, à Londres, le même MY 44 s’était vu décerner le prix de meilleur bateau de l’année par la revue anglaise « Motorboat Yachting ». Les chantiers sont très attachés à ces prix retentissants et tout particulièrement celui de l’European boat of the year qui leur donne une belle visibilité à Düsseldorf.

Ofcet y présente un voilier pour la première fois

« Düsseldorf, tout le monde m’a dit qu’il fallait y aller plusieurs fois pour que cela commence à produire ses effets. » Yann Dubé, le patron du petit chantier rochelais Ofcet traduit dans les faits ce qu’il exprimait il y a un an, à l’occasion de sa première présentation au salon allemand. Il est de retour. Mais au petit pupitre et aux photos de son entreprise présentées sur stand partagé, en 2017, avec le complice de Marsilly Franck Roy, il a cette fois déplacé un voilier, l’Ofcet 32 SC et délégué à une petite équipe le soin de représenter l’entreprise in situ. Il pouvait difficilement s’en dispenser puisque le monocoque dessiné par Marc Lombard était consacré, en décembre dernier au salon de Paris, Voilier de l’année parmi quinze prétendants. Ce trophée décerné par « Voile Magazine » à l’issue d’une phase de test dans la rade rochelaise est une jolie carte de visite à déposer dans le regard des visiteurs du salon allemand.

Plutôt du genre qui boit frais, Yann Dubé ne s’en gargarise pas outre mesure. Il analyse les conséquences de ce prix : « Des contacts avec des prospects à travailler pour l’année. Deux sont en très bonne voie. L’un pourrait déboucher sur une vente avant la fin de ce mois de janvier, l’autre en mars. » Si les Allemands n’ont pas voulu nommer le 32 SC à l’European boat of the year (le prix du bateau européen remis à Düsseldorf), c’est parce qu’ils l’ont considéré trop proche de l’Ofcet 32 qui avait eu cet honneur en 2017. Il n’empêche, souligne Yann Dubé, « la presse spécialisée s’y intéresse, notamment en Allemagne. Et, à l’évidence, le trophée tricolore du Voilier de l’année n’y est pas pour peu. » En tout cas, avec un budget prévisionnel pour l’exposition allemande de 25 000 euros (location d’un stand de 76 mètres carrés et frais d’hébergement de l’équipe) Yann Dubé offre à son entreprise les moyens d’augmenter sa visibilité à l’international.

Fora Marine, grand absent

Ce qui n’est pas le cas, cette année, pour Fora Marine, le fabricant des voiliers RM à Périgny. Son RM 970 avait pourtant été sacré, l’an dernier, Voilier européen de l’année dans ce même salon. Comment expliquer l’absence ? Stéphane Sénacq, qui achetait l’entreprise au printemps dernier, ne s’étend pas, commentant toutefois : « Düsseldorf c’est le marché international. C’est une vraie ambition d’y retourner mais dans de bonnes conditions. Je préfère ne pas y aller qu’y être à moitié. Nous avions prévu de nous y rendre et de présenter le bateau d’un propriétaire. Mais ça c’est mal goupillé. Aussi, cette année, nous nous sommes raisonnablement contentés des salons français. Mais nous serons à Düsseldorf en 2019, dans le cadre d’un nouveau projet que j’ai dans les cartons. »

On entend derrière ces propos que la trésorerie requise pour une semaine d’exposition est un effort considérable pour de petites PME qui doivent souvent emprunter des bateaux à leurs propriétaires plutôt que financer sur leurs fonds propres la construction d’un modèle dédié à l’exposition.

Philippe Baroux    Sud-Ouest


 » La Malconche se fera  » sic ! !


Comité conchylicole Poitou-Charentes : Gérald Viaud, le grand entretien

Gérald Viaud présidait le Comité régional conchylicole depuis 2010. Il ne se représente pas et s’en explique.

Le 8 février prochain, les conchyliculteurs voteront pour installer le nouveau conseil du Comité régional conchylicole Poitou-Charentes (CRC). Dans la foulée sera élu le successeur de Gérald Viaud, qui présidait le CRC depuis 2010 (lire nos précédentes éditions). Avant de passer la main, l’ostréiculteur de Chaillevette revient sur ses deux mandats et les sujets qu’il juge prioritaires pour les producteurs d’huîtres et de moules de Charente-Maritime.

Pourquoi ne vous représentez-vous pas à la présidence du CRC ?

Gérald Viaud J’ai toujours été contre ceux qui font trop de mandats. Je m’y tiens. J’ai été vice-président de 1994 à 1996, puis président de l’association des producteurs de Pousse en claires, président du CRC à deux reprises, et président du Comité national conchylicole de 2013 à août dernier. J’ai assez donné. Et puis, je vais avoir 68 ans et pense avoir largement rempli mes fonctions.

Entre votre arrivée au CRC et aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé dans le métier de conchyliculteur ?

Le changement est intervenu moins dans le métier que dans ce qui gravite autour. Les complexités administrative et politique augmentent. C’est l’ampleur prise par les Agences de l’eau, c’est le Parc naturel marin, ce sont les associations qui regardent ce que nous faisons. Ce qui a changé, c’est le regard que la société porte sur nos activités.

Pouvez-vous préciser ?

J’ai eu des mots très violents pour dire que les gens qui viennent ici à la retraite arrivent avec un esprit « colonialiste ». Ils ont découvert que la conchyliculture occupe beaucoup d’espace, un espace qu’ils convoitent. Dans les 52 communes conchylicoles de Charente-Maritime, les élus faisaient autrefois une large part à nos activités. Nous représentions alors une véritable entité électorale, et ces élus étaient eux-mêmes des agriculteurs et des conchyliculteurs. Aujourd’hui, ils arrivent de Paris et de sa région et portent un autre regard sur le développement du territoire. Or, si la Charente-Maritime peut se targuer d’être le deuxième département touristique de France, c’est parce que l’activité principale est maritime : pêche et conchyliculture.

Vous semblez regretter cette époque…

Je ne suis pas nostalgique, contrairement à ce que beaucoup pensent. Si je l’étais, il y a longtemps que j’aurais quitté la représentation professionnelle. J’ai eu la chance de m’épanouir dans mon métier. L’ostréiculture et la mytiliculture sont de beaux métiers qui, de la production à la commercialisation en passant par la finition, ouvrent un champ d’activités assez vaste.

Quelle incidence le changement de regard de la société a-t-il eu sur votre métier ?

Nous nous remettons en question. Ce n’est pas plus mal. On ne travaille pas de la même façon aujourd’hui que lorsque j’ai commencé avec mon père en 1966.

Débat sur les triploïdes, contentieux sur le projet de filières de la Maleconche, les critiques sont rudes…

Quoi que l’on fasse, nous sommes critiqués par des gens qui ne connaissent pas notre métier. On a tout entendu à propos du projet Maleconche (installation de lignes de production immergées à toutes marées, NDLR). Pollution visuelle, envasement… Tout cela a été démonté, mais la résistance est toujours là. On en revient aux revendications sur l’occupation de l’espace. La Maleconche, ce sont quelques centaines d’hectares rapportées à une superficie mille fois supérieure.

Abordez-vous ce dossier comme un échec personnel ?

Non, parce que ce n’est pas fini. La Maleconche se fera, même si cela réclame plus de temps qu’il n’en faudrait. Dans ce dossier, le CRC a toujours respecté ce que l’État lui a dit. Le problème aujourd’hui est qu’entre ce que dit l’État à Paris et l’administration en région, la musique est différente. Je l’ai bien mesuré lors de mon passage au Comité national de la conchyliculture (CNC).

Vos collègues du CNC vous poussaient à la démission en août dernier. Pourquoi ce désaveu ?

Je ne vois pas cela comme un désaveu. J’ai dit à la direction des pêches maritimes ce que je pensais de l’organisation du CNC et elle ne m’a pas écouté. Mon prédécesseur, le Breton Goulven Brest, avait lui aussi démissionné en 2013 parce qu’il n’était plus écouté, après quinze ans de mandat. Là, il se revoyait aux manettes. Il y a eu coup bas. Mon départ du CNC a valu la démission du directeur, de la chargée du service sanitaire, de la chargée de communication, et ce n’est peut-être pas fini.

Ce qui signifie que vous n’endossez aucune responsabilité personnelle dans cette ambiance ?

Aucune. Le président du comité régional des Pays de la Loire n’a jamais accepté d’être battu aux dernières élections. La fronde a commencé parce que le directeur que j’avais choisi arrivait de la direction des pêches, ce que ne supportaient pas certains de mes collègues.

À sa création, vous avez été critique contre le Parc naturel marin estuaire de la Gironde pertuis charentais. Votre point de vue a-t-il évolué ?

Tout nouveau projet conchylicole sera examiné par le parc marin. J’ai appris à travailler avec lui. Notre problème, nous conchyliculteurs, est que nous sommes installés depuis des générations, mais que nous devons aujourd’hui nous justifier de notre occupation de l’espace et prouver que nous rendons service au milieu marin. Nous travaillons donc intelligemment avec le parc marin.

Il vous a été reproché un exercice solitaire de la présidence. Le regrettez-vous ?

Si j’ai un regret, c’est de ne pas avoir eu assez de temps pour communiquer. Mais il m’aurait fallu un véritable « attaché parlementaire » pour le faire. Cette communication institutionnelle du Comité régional devient une priorité afin que notre démarche soit mieux perçue par les organismes qui gravitent autour de notre profession : les scientifiques, les associations environnementales, les élus, etc. Mais je n’ai pas géré en solitaire. Un président est responsable civilement et pénalement. C’est lui qui est engagé, mais j’ai toujours tenu compte des réflexions que l’on m’apportait. Peut-être n’était-ce pas suffisant. On m’a reproché de trop siéger dans les réunions, mais c’est une priorité aujourd’hui si nous voulons être écoutés. Un permanent peut siéger, c’est vrai, mais il ne peut pas s’exprimer avec la même latitude qu’un élu professionnel.

La transmission du témoin

Quel message Gérald Viaud transmettra à son successeur ? « Cela dépendra du successeur. » Il poursuit : « Quel qu’il soit, je lui dirai que le comité régional réclame sa présence presque quotidienne ; d’écouter aussi ce qui se dit autour de lui, et de prendre en compte tout ce qui encadre notre profession. Les conchyliculteurs ont longtemps été les nantis, seuls sur la place, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. J’ai fait le décompte avec le directeur du CRC ; l’an dernier, notre présence a été sollicitée dans 352 réunions. Nous avons assisté à 274 d’entre elles. J’avais parfois à l’agenda des journées avec 5 ou 6 réunions. Cela réclame une énergie folle mais c’est une priorité de se donner les moyens d’y assister. »

Ses dossiers majeurs ? « Il faut améliorer notre système commercial. Je ne sais comment, mais que l’on arrête de vendre nos produits à des prix déconnants. Le CRC n’est pas compétent sur le sujet des prix, qui relève du Groupement qualité Marennes-Oléron. Mais pourquoi brader nos tarifs alors que nous n’avons pas retrouvé la production d’avant les surmortalités ? »

Autre sujet sensible du moment : les certificats d’exportations et les difficultés de l’administration à suivre la poussée des professionnels sur les marchés à l’export. « Il manque au moins un poste à la direction des services vétérinaires pour traiter ces demandes de certificats, et dans tous les cas, il faut arriver à la dématérialisation ces procédures. »

Ph.Baroux S. O.


Sécurité ! Sécurité !

Le signal de détresse ODEO FLARE

odeo flare

Odeo Flare est un feu à main, à LED, qui emet un signal lumineux sous forme de SOS, en cas d’urgence.

Odeo Flare n’est pas nouveau mais le produit est vraiement intéressant. Odeo Flare fonctionne  comme un feux à main. Son signal lumineux est visible à plus de 3 milles nautiques. Son autonomie est de plus de 6 heures. La lumière émet le message SOS en morse pour vous apporter plus de sécurité en navigation.

Une alternative au feux à main?

Ce feu à main, à led, peut être un bon complément à l’utilisation de feux à main pyrotechnique. Le nouveau signal deodeo-flare-mk3 détresse électronique ODEOFLARE MK3 dispose de nombreux arguments pour optimiser la sécurité des usagers du milieu nautique.  En effet, il fonctionne à l’aide d’un système de 21 diodes, dont la fréquence lumineuse est programmée via une carte électronique intégrée.

L’excellente visibilité offerte par le MK3, ainsi qu’une grande autonomie garantie un véritable complément de sécurité. En effet, le faisceau de ce nouveau signal de détresse, breveté, est visible à une distance de plus de 3 miles nautiques. dans le même temsp, son autonomie est intéressante pusiqu’il peut durer six heures en pleine illumination.

Dans un souci d’optimiser la sécurité, la séquence lumineuse flash est entrecoupée par le signal international de détresse SOS en morse. Le Mk3 imite parfaitement la signalisation visuelle de la flamme tout en demeurant sans danger pour son utilisateur puisqu’il n’utilise pas de pyrotechnie.

Intéressant en équipage réduit

L’Odeo Flare est flottant, étanche et résistant à l’eau de mer ( IPX8). Il est donc complètement adapté à une situation d’urgence. La nouvelle version a , de surcroît, l’avantage d’être durable. En effet, elle ne produit aucun déchet polluant pour l’environnement. Enfin, elle a l’avantage de n’imposer aucunes contraintes invraisemblables pour son transport, son stockage et son recyclage.

la balise est idéal pour tous les types de repérages et de sauvetages. Elle permet d’optimiser les recherches de tout avion, hélicoptère, équipe embarquée ou terrestre pour localiser la personne en détresse.

Disponible dans les commerces spécialisés. Prix 149 euros.


NON à la pêche électrique !

Le « pulse trawl fishing », ou pêche électrique, est pratiquée en Europe par des chalutiers à perche néerlandais (ici), au grand dam des fileyeurs des Hauts-de-France constatant que la ressource en sole se porte mal. (Photo : Marc Ottini)

Le « pulse trawl fishing », ou pêche électrique, est pratiquée en Europe par des chalutiers à perche néerlandais (ici), au grand dam des fileyeurs des Hauts-de-France constatant que la ressource en sole se porte mal. (Photo : Marc Ottini)

Le Parlement européen dit non à la pêche électrique

En séance plénière à Strasbourg le mardi 16 janvier, les députés du Parlement européen ont rejeté le courant électrique impulsionnel.

Par 402 voix favorables (232 contre et 40 abstentions), ils ont adopté un amendement au rapport de l’Espagnol Gabriel Mato (PPE) sur la Conservation des ressources halieutiques et protection des écosystèmes marins par des mesures techniques, rejetant totalement cette pratique de pêche, le pulse trawl fishing, prônée par les Néerlandais. La commission pêche du Parlement proposait de l’utiliser dans certaines dérogations.

« On est plus qu’euphoriques, se réjouit le représentant des pêcheurs côtiers des Hauts-de-France, Stéphane Pinto, qui a fait le déplacement à Strasbourg avec six collègues. C’est une victoire considérable. Les députés ont pris conscience que la préservation des ressources était plus importante que de faire l’économie de quelques litres de gasoil. Car des pêcheurs sans ressource ne sont plus des pêcheurs. »

Pour Yannick Jadot (Les Verts-ALE), « le Parlement a su dépasser les mensonges diffusés par des lobbies très agressifs et malheureusement relayés par une Commission européenne tombée du côté obscur des lobbies et qui a failli depuis 2006 en accordant des dérogations sans justification scientifique ». Pour Isabelle Thomas (Alliance progressiste des socialistes), « le Parlement a adopté nos amendements interdisant totalement la pêche électrique en Europe. C’est une grande victoire pour la ressource, les écosystèmes et les citoyens qui se sont largement mobilisés ». « Par cette interdiction, les députés ont fait preuve de courage et de responsabilité », ajoute le président de la commission pêche Alain Cadec.

Frédéric Le Manach, directeur de l’ONG Bloom, précise que ce vote implique qu’ « on retourne à l’interdiction de 1998 lorsque déjà l’Union européenne avait interdit la pêche électrique ». S’il est confirmé par le trilogue, la prochaine étape : les députés de la commission pêche, sur la base de ce vote, vont débuter les négociations avec le Conseil sur le texte définitif de la législation.

Benoît LOBEZ


Des remous au P N M

Face au ministre, Plisson met sa démission en jeu

Face au ministre, Plisson met sa démission en jeu
Philippe Plisson (au deuxième plan en cravate) et l’ensemble des présidents des parcs naturels marins ont été reçus par le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, jeudi.

photo « S O »

Reçu par Nicolas Hulot, le président du Parc marin estuaire de la Gironde et des pertuis charentais exige que les avis rendus s’imposent aux autorités.

Le président du Parc naturel marin estuaire de la Gironde et des pertuis charentais Philippe Plisson a rencontré, jeudi, le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot. Une réunion organisée à Paris, au ministère, avec l’ensemble des présidents des Parcs naturels marins français qui s’opposent à la suppression d’une prérogative majeure. À savoir, la possibilité pour leurs structures de rendre des avis conformes que les autorités doivent obligatoirement suivre sur des dossiers souvent sensibles.

Ce fut le cas par exemple lorsque le Parc naturel marin estuaire de la Gironde et des pertuis charentais a rendu un avis négatif à la demande de concession pour l’exploitation de granulats marins du côté de Royan.

Une question de crédibilité

« C’est là-dessus que l’on a construit la crédibilité du parc marin. J’ai dit clairement au ministre que si cette disposition sur les avis conformes disparaît, je démissionnerai, déclare Philippe Plisson. Ce n’est pas du chantage, mais une information que je lui ai donnée. Le parc marin compte 57 participants avec des sensibilités différentes, les administrations, toutes les associations, les pêcheurs, les agriculteurs, les chasseurs, la LPO… Des gens qui ne sont pas forcément d’accord entre eux. On ne va pas passer des heures de réunion pour donner un avis dont on ne tiendra pas compte. Le café philo, non merci, j’ai passé l’âge ! »

Selon Philippe Plisson, Nicolas Hulot aurait dit « qu’il entendait » les arguments des présidents des parcs marins et qu’il voulait « trouver une solution pour que l’on redonne la possibilité aux parcs marins de rendre des avis conformes ». Sans s’engager au-delà. « Je pense qu’il va revenir en arrière, mais il n’est pas tout seul à décider. Si on ne redonne pas cette compétence, j’en fais un casus belli. »

Manque de moyens

La plupart des présidents des parcs marins ont eux aussi mis leur démission dans la balance si le gouvernement ne revenait pas sur sa décision. Une décision prise suite à l’avis négatif contre le projet de parc éolien offshore du Tréport en Normandie rendu par le Parc marin des estuaires picards et de la mer d’Opale. « Notre avis négatif par rapport à l’exploitation de granulat a dû aussi peser. À l’époque où il était ministre, Emmanuel Macron était favorable à ce projet », glisse Philippe Plisson. Dorénavant, c’est l’Agence française pour la biodiversité qui instruit les dossiers.

L’ancien député du Blayais a aussi profité de sa rencontre avec le ministre pour exprimer le manque de moyens dont dispose le Parc marin estuaire de la Gironde et des pertuis charentais qui avec sept personnes a en charge la gestion de 6 500 km² d’espace marin et d’environ 800 km de côtes sur trois départements, la Gironde, la Charente-Maritime et la Vendée. « C’est problématique, il nous faudrait vingt personnes. Et nous n’avons même pas de bateau… »

Réponse du ministre, « c’est compliqué, il n’y a plus d’argent », rapporte Philippe Plisson. « Il est très sympathique, très à l’écoute mais il ne nous a rien promis. »

Jérôme Jamet S.O.


Ahh ! ! !…. Ces Bretons ! ! !…..♫ ♪ ♫ ♪ ♫ ♪♪ ♫ ♫……………….

Le Boréal 47 élu Bateau de l’Année aux Etats-Unis !

Le chantier Boréal, basé à Minihy-Tréguier (22) et spécialiste des voiliers de voyage en aluminium de 44 à 55 pieds, a remporté le prix « Boat of the Year » toutes catégories confondues du magazine Cruising World, pour son Boréal 47.

Le Boréal 47 élu Bateau de l'Année aux Etats-Unis !
Le Boréal 47 élu Bateau de l'Année aux Etats-Unis !
Le Boréal 47 élu Bateau de l'Année aux Etats-Unis !

Le Boréal 47 a remporté cette prestigieuse récompense après avoir été exposé – pour la première fois hors de l’Europe – à l’Annapolis Boat Show 2017, qui se tenait en octobre dernier dans le Maryland.

Ce salon a été un gros succès pour le Boréal 47 ; de nombreuses personnes sont venues le visiter, et deux commandes ont été signée sur le salon !

Le magazine de référence sur le nautisme aux Etats-Unis, Cruising World, tenait en plus son élection annuelle du Bateau de l’Année 2017…

Le Boréal 47 a ainsi remporté le prix du « Boat of the Year », mais également celui du « Best Midsize Cruiser 44-47 feet » et du « Boat of the Year Over All Winner ». Une série de titres qui confirme la réputation internationale du chantier Boréal.

Jean-François Eeman, le directeur du chantier Boréal, se réjouit de cette récompense exceptionnelle sur ActuNautique : « Nous allions aux Etats-Unis dans un esprit Tintin en Amérique, à la découverte d’un nouveau monde, sans trop savoir ce que nous allions y trouver. Nous avons découvert un monde passionnés dont certains savaient tout sur le bateau Boréal 47 sans jamais en avoir vu un ! »