Projet éolien Yeu-Noirmoutier : un avis défavorable

Ce projet compte 62 éoliennes.
Ce projet compte 62 éoliennes.

Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN), nommé par le ministère de la Transition écologique a rendu un avis consultatif défavorable à une demande de dérogation qui concerne des espèces protégées.

L’étude d’impact du projet sur des espèces protégées a reçu un avis défavorable du CNPN par onze votes contre, deux pour et deux abstentions. Ce conseil est composé d’experts nommés par le ministère de l’Ecologie.

La dérogation a été présentée par Engie, porteur du projet de parc éolien au large des îles d’Yeu et Noirmoutier en Vendée. Elle concerne des espèces d’oiseaux protégées : goélands, mouettes, sternes, Fou de Bassan, Grand labbe, cormoran huppé, guillemot de Troïl et pingouin torda, mais aussi une chauve-souris, la pipistrelle.

Le CNPN s’interroge : «  l’impact cumulé des deux parcs Saint-Nazaire et Yeu-Noirmoutier est certainement minimisé ».Aux yeux des experts, « la réorientation du parc, à la demande des pêcheurs, devrait augmenter les collisions et l’effet barrière pour les oiseaux migrateurs ». Ils ne cautionnent pas « les mesures compensatoires ».Pour le CNPN, le dauphin commun, le marsouin et la tortue luth ont été oubliés par l’évaluation. « Il manque une dérogation au titre de la dégradation de l’habitat du puffin des Baléares (un oiseau en voie d’extinction), l’étude indiquant « une trop faible présence de l’espèce ».

Pas référencé dans l’enquête publique

Le collectif qui s’oppose au projet, Touche pas à nos îles, rebondit sur cet avis défavorable pour en faire « un plaidoyer pour la préservation de la nature et des écosystèmes ». Les opposants, conscients qu’il ne s’agit que d’un avis consultatif en profitent pour signaler que « l’avis a été rendu le 22 juin 2018 ». Mais que « l’enquête publique, achevée en le 9 août, n’en fait absolument pas référence », s’insurge Fabien Bouglé.

Les opposants s’appuient sur une des recommandations de la CNPN qui attend « une présentation globale du projet » à savoir l’implantation des éoliennes mais aussi le raccordement porté par la RTE.Ils en déduisent que la RTE n’a pas fait de demande de dérogation. La préfecture de Vendée reste plus évasive en indiquant « qu’il y a une dizaine de procédures indépendantes » et que ce n’est que « dans le cadre de l’une d’elle » que le CNPN a travaillé.


Plateau nautique ou logements ? ? ? ?

La Rochelle : ils veulent ouvrir le Plateau nautique à l’habitat

La Rochelle : ils veulent ouvrir le Plateau nautique à l’habitat
Quatre propriétaires de terrains affectés à des activités nautiques sur le Plateau sont restés dans la procédure

Xavier Léoty

L’appel de propriétaires d’entreprises qui veulent que le Plateau s’ouvre à l’habitat et aux services public, c’est-à-dire en zone Ua, sera examiné ce jeudi à Bordeaux.

Le Plateau nautique reste sous tension. Cette fois, il ne s’agit pas d’actes d’incivilités commis sur le terre-plein ou les bateaux, ni de piétons qui croisent les hautes roues du chariot élévateur, mais d’un contentieux que va examiner ce matin la Cour administrative d’appel, à Bordeaux.

La procédure est engagée par des propriétaires de terrains du Plateau nautique. Ils exploitent des entreprises nautiques ou sont à la retraite de cette activité. À titre personnel et derrière l’Association des propriétaires des parcelles ouest du Plateau nautique, ils réclament le déclassement du site. En clair, qu’il passe d’une zone Up caractérisée par le maintien d’activités nautiques, à une zone Ua appelée à se réorganiser pour être affectée essentiellement à l’habitat et aux services publics.

Évidemment, l’incidence financière du déclassement ne serait pas neutre sur le prix de revente. Selon ces propriétaires, les espaces résidentiels proches rendent toute activité nautique normale impossible. Ce qui, par voie de conséquence, rendrait inattractives leurs entreprises pour des candidats à l’achat.

Nautisme contre résidences

C’est la Communauté d’agglomération de La Rochelle, dont relève le Plan local d’urbanisme (PLU), qu’ils attaquent. Le sujet est ancien. Maxime Bono, à l’époque où il était aux affaires, en avait été saisi et avait fait connaître son refus. Et son successeur Jean-François Fountaine en héritait à son tour dans la corbeille de premier magistrat. En novembre 2014, il signait une lettre de refus de la demande de classement en zone Ua, le document que ces requérants attaquent.

En première instance devant le tribunal administratif de Poitiers, ces huit requérants ont été déboutés en avril 2017. Ils avaient fait valoir à l’appui de leur requête que le classement en zone Up était entaché d’erreur manifeste d’appréciation. Motif : le règlement en vigueur subordonne l’exercice des activités des entreprises nautiques à l’absence de nuisances pour les espaces résidentiels proches. Or, argumentaient-ils, le travail sur les bateaux, les activités de sablage, de ponçage des coques, de mise en peinture et le recours à des produits dangereux constituent des nuisances pour les résidences proches qui enserrent le quartier.

Le juge administratif rejetait l’argument. Il estimait qu’ils ne justifiaient pas « la contradiction entre les objectifs du Plan local d’urbanisme et les dispositions d’urbanisme applicables aux secteurs environnants. » C’est assez technique.

Élévateur à bateaux inadapté ?

Reste que quatre de ces propriétaires sont restés dans la procédure et font aujourd’hui appel (1). Devant l’avancée de la ville, la vocation nautique du Plateau est de moins en moins adaptée. Ils pointent que le nord du Plateau a déjà été déclassé, que les contraintes de marée et la dimension de l’écluse pour accéder au bassin des Chalutiers qui le borde interdisent désormais des « activités nautiques performantes ». Le nautisme a repris des couleurs depuis le début de la procédure, et des entreprises du site sont à l’étroit. Autre élément qui plaide, selon eux, pour le transfert de l’activité vers d’autres zones, à Chef-de-Baie ou la Pallice.

Et puis, dans les mémoires qu’ils produisent en justice, le ton monte au sujet de l’élévateur à bateaux de 150 tonnes du Plateau nautique. Il a été installé il y a une vingtaine d’années pour les sorties et mises à l’eau. Outil inadapté à l’essentiel des besoins des entreprises du Plateau, expriment-ils, car son échelle ne lui permet pas de lever les bateaux qui constituent l’essentiel de la flotte travaillée là. Sa haute capacité et l’écartement des courroies lui interdisent « de lever les “petits” de moins de quatre mètres de large. »

De fait, ces unités qui finissent malgré tout pour travaux d’entretien au plus près des entreprises sont sorties d’eau aux Minimes, puis transportées jusqu’au Plateau nautique sur remorque, via la rue de la Huguenotte. Le danger de ces transits est aussi pointé.

(1) La SCI JLS (chantier nautique Naval Force 3) ; Marc Pinta (propriétaire d’une partie du hall qui abrite Techniyachts Pinta) ; la SCI La Pogenie (société AGL) ; la SCI PIF (société ASME) font appel à titre individuel et dans le cadre de l’Association des propriétaires des parcelles ouest du Plateau nautique. Un plateau dénombrant en tout une trentaine d’entreprises nautiques, où Naval Force 3 et l’ancien chantier Pinta exploitaient les surfaces parmi les plus développées.

L'élévateur à bateaux, l'un des éléments du contentieux, transporte ici un catamaran du groupe Poncin
L’élévateur à bateaux, l’un des éléments du contentieux, transporte ici un catamaran du groupe Poncin

Crédit photo : Xavier Léoty

Attaque frontale contre Jean-François Fountaine

Au travers de l’élévateur à bateaux du Plateau nautique et de ses utilisateurs, les requérants expliquent qu’il sert « majoritairement pour des bateaux extérieurs au Plateau nautique », et notamment pour le chantier Fountaine-Pajot. Ils s’interrogent sur la position de Jean-François Fountaine, maire et président de la Communauté d’agglomération de La Rochelle, qui leur a refusé le déclassement de la zone et donc la perte de sa vocation nautique.

Or, pointent-ils : « Il est directement et personnellement intéressé en la matière, puisque le fonctionnement futur de la zone […] est de nature à impacter le fonctionnement de l’entreprise Fountaine-Pajot qui l’emprunte quasi quotidiennement. Entreprise que lui-même et sa famille contrôlent […] Ce qui entraîne d’une part un vice de forme, et d’autre part un détournement de pouvoir (1). »

Dans le mémoire en défense remis à la partie adverse, l’avocat de la Communauté d’agglomération ne dit rien sur ce point. En revanche, il répond à tout le reste. Au sujet de la saturation du Plateau nautique mentionnée par les propriétaires, il dit que les requérants « n’apportent pas d’éléments suffisamment étayés permettant d’en apprécier le bien-fondé ». À propos de la logique relevée qui voudrait que les entreprises nautiques qui ont besoin plus que d’autres d’espaces s’installant dans des zones d’activités spécifiques, il commente que « le Plateau nautique est une zone spécifique dédiée aux activités nautiques », et qu’en outre le secteur « est utilisé conformément aux objectifs du PLU ».

Quand les propriétaires disent que « les entreprises sont dans l’impossibilité de revendre leurs locaux en raison de la destination exclusive du Plateau à des activités nautiques », le défenseur de la CdA oppose une jurisprudence selon laquelle « le juge ne se prononce pas sur l’opportunité du parti d’urbanisme pris par la collectivité, et exerce un contrôle restreint sur le classement de la zone ». Élévateur à bateaux inadapté aux besoins des entreprises ? « Il est utilisé de manière fréquente. » Insécurité liée aux transferts de bateaux des Minimes au Plateau par la route ? « La collectivité a pris des mesures de nature à garantir la sécurité des riverains : exemple, limitation de vitesse à 30 km/h ; panneaux stop sur les voies débouchant sur la rue Huguenotte [celle par laquelle le transit s’effectue, NDLR]. » Et si une partie du Plateau a déjà été déclassée, c’est que la commune a la volonté de « créer une zone tampon autour du Plateau nautique afin de bénéficier d’une meilleure insertion avec les zones d’habitations ».

(1) Toutes les citations entre guillemets sont tirées des requêtes, répliques, et mémoires en défense rédigés par les avocats des propriétaires de parcelles du Plateau nautique et de la Communauté d’agglomération de La Rochelle.


Et il voulait nous faire payer une taxe de mouillage !….

Corse: Paul Giacobbi en garde à vue dans une enquête sur des détournements de fonds publics

L'ancien président du conseil exécutif de Corse Paul Giacobbi

Mardi, Paul Giacobbi était entendu par les gendarmes d’Ajaccio dans le cadre d’une enquête sur des détournements de fonds publics.


A V U R N AV

Énergie des vagues : le houlomoteur de La Rochelle a coulé

Énergie des vagues : le houlomoteur de La Rochelle a coulé
Mis au large de La Rochelle il y a à peine un mois, le dispositif a sombré

Jérôme Jamet

Le coup de vent de samedi est probablement à l’origine de la disparition du houlomoteur, dispositif expérimental pour produire de l’électricité à partir de la houle.

Un avis urgent aux navigateurs circule depuis ce lundi après-midi à La Rochelle. Il informe que le houlomoteur, ce dispositif expérimental mis à l’eau au début du mois de septembre au nord du Grand Port maritime de La Rochelle, s’est disloqué en trois parties. L’engin de 10 tonnes a sombré, par quelques mètres de fond, non loin du viaduc du môle d’escale. La cause du naufrage ? Elle reste pour l’heure indéterminée, et le promoteur du projet, Jean-Luc Stanek, se refusait lundi en fin d’après-midi à tout commentaire, dans l’attente du constat que doit faire sur site un scaphandrier. Mais l’avis aux navigateurs explique que c’est à la suite du coup de vent de samedi qu’il s’est disloqué. N’y aurait-il cependant pas une autre cause comme l’abordage avec un navire ? Rien n’est pour l’heure décrit en ce sens.

De fait, les nouveaux Rochelais qui, lundi vers 17 heures, étaient invités à découvrir par la mer les installations portuaires l’ont bien vu flotter à la surface de la rade de la Pallice. Mais dimanche matin, l’engin de 10 tonnes avait disparu.

Rappelons que ce houlomoteur, de la société Hace, a été mis au point par Jean-Luc Stanek à la Technopole de Montesquieu, à Martillac, en Gironde. Il était prévu qu’il reste ancré devant la Pallice au moins deux mois, le temps de réaliser les premières mesures. C’est un prototype dont l’objet est de produire de l’électricité à partir de la houle. Il n’aura pas résisté aux premiers forts mouvements de saison.

( Sud-Ouest , Philippe Baroux )


Enfin , abondance de poissons en vue…………….

Oléron : immersion avec les plongeurs qui installent les récifs à poissons

Oléron : immersion avec les plongeurs qui installent les récifs à poissons
Ce mercredi matin, immersion en cours des premiers récifs artificiels à poissons au large d’Oléron

P. B.

VIDEO – L’opération s’est poursuivie ce jeudi. Elle est destinée à attirer le poisson, et notamment le bar.

A sept milles au large d’Oléron ce mercredi matin, immersion en cours des premiers récifs artificiels à poissons. L’opération s’est poursuivie ce jeudi. Elle a mobilisé le baliseur « Gascogne » des Phares et Balises, basé au Verdon (Gironde), et les scaphandriers rochelais de la société Atlantique scaphandre à bord de leur navire « Plonplon ».

La manœuvre a été exécutée sur des fonds de 30 mètres. Les récifs immergés ont été fabriqués à Artix (Pyrénées-Atlantique) avec des moules fournis par les Landais de l’association Aquitaine Landes récifs.

Cette opération soutenue par la Région Nouvelle-Aquitaine et le Comité départemental des pêches de Charente-Maritime avait été initiée en 2009 par le Département de la Charente-Maritime.

Sud Ouest
Crédit photo : P. B.
Sud Ouest
Crédit photo : P. B.

Et en plus , il joue de l’accordéon …….

La petite souris au Grand Pavois..

A propos de grand voyage à la voile, Bernard Martin, il en a vu, du paysage ! Sur son Mélody Kanaounen, il est parti 4 ans ou presque pour le compte de Voiles sans frontières. Le Sénégal, les Antilles et les Etats Unis en 2014-2015 puis le Sénégal, Panama, Tahiti, Hawaï, les Etats-Unis, Cuba et les Açores en 2016-2017. Et le voilà revenu avec son Mélody prêt à repartir, comme si de rien n’était ou presque ! D’ailleurs, il va nous raconter ses aventures dans le prochain Voiles et Voiliers. Ça, c’est du voyage ! Et sa gueule, elle ne vous rappelle pas quelqu’un ?

Son superbe accordéon l’accompagne dans toutes ses traversées .(NDLR )


Succès du Grand Pavois

Grand Pavois 2018 : une embellie confirmée pour le secteur du nautisme

Le Grand Pavois 2018 se termine ce lundi 1er octobre sur une note d'optimisme. / © Xavier Léoty/AFP
Le Grand Pavois 2018 se termine ce lundi 1er octobre sur une note d’optimisme. / © Xavier Léoty/AFP

A La Rochelle, l’édition 2018 du Grand Pavois a tenu ses promesses et confirme le renouveau du secteur du nautisme en France. Le chiffre des affaires réalisées par les exposants sur les pontons rochelais est nettement à la hausse.

Par Christine Hinckel

A La Rochelle, le Grand Pavois ferme ses portes ce lundi 1er octobre. Comme attendu, cette édition 2018 confirme la reprise pour la filière nautique. Après dix années de crise, la croissance est de retour constate la Fédération des Industries Nautiques.

La crise est oubliée

A l’heure actuelle, le chiffre précis des transactions effectuées cette année n’est pas encore connu mais il approcherait les cinq milliards. Un niveau qui rattrape celui enregistré avant la crise de 2008. Les chantiers nautiques et toute la filière a renoué avec la croissance économique, essentiellement portée par les marchés à l’exportation. Certains groupes affichent même une croissance de 35 %, une première après dix années de crise et de nombreux chantiers peinent à recruter les ouvriers spécialisés dont ils ont besoin

 

Autre signe encourageant : le marché du voilier repart à la hausse alors que les ventes avaient stagné voire chuté des dernières années.

« Un vrai salon d’achat »

A La Rochelle, les visiteurs viennent pour voir les nouveautés mais aussi pour acheter. « C’est un vrai salon d’achat où les gens viennent voir des bateaux pour les acheter » se félicite Stéphane Villessot, directeur commercial chez Dufour.
Car c’est l’une des forces du salon rochelais : l’adéquation entre l’offre et la demande. Les bateaux proposés par les exposants correspondent aux aspirations des visiteurs et acheteurs, celles d’une plaisance qui reste raisonnable et abordable.
« Par rapport à d’autres salons où on a des bateaux qui passent les quatre millions d’euros. Nous, on est pas du tout dans cette voie là, on est vraiment dans l’image des utilisateurs » explique Alain Pochon, le président du Grand Pavois.

Le reportage d’Olivier Riou, Pierre Lahaye et Maylis Gimenez :


Tous au bar……………………..

Retour à un bar par jour et par pêcheur récréatif. (Photo : Lionel Flageul)

Retour à un bar par jour et par pêcheur récréatif. (Photo : Lionel Flageul)

Bar en zone nord : la pêche de loisir rouvre ce lundi

C’est officiel : le Conseil de l’Union européenne a adopté, jeudi 27 septembre, le règlement qui lève l’interdiction de la pêche au bar pour les récréatifs, au nord du 48e parallèle.


Père Jaouen …suite…


Un nouveau Bel Espoir va naître dans les chantiers Piriou

Le père Michel Jaouen serait sûrement bien fier d’eux : le voilier symbole Bel Espoir ( trois mâts goêlette ) va renaître grâce au travail de tout ceux qui perpétuent son héritage au sein de l’AJD, les Amis de Jeudi Dimanche. Pendant plus de 70 ans, le père Jaouen, jésuite et ouessantin, a « fait prendre l’air » à bord de ses bateaux à tout un tas de jeunes confrontés aux difficultés de la vie. L’histoire a commencé dans les années 50, dans un foyer qui recueillait ceux qui sortaient de la prison de Fresnes.


Fin du suspense…………à Rochefort ……………

Le chantier Bavaria Yachts repris par le fonds allemand Capital Management Partners (CMP)

Après un été d’attente, c’est finalement le fonds d’investissement allemand CMP qui reprend le chantier allemand Bavaria Yachtbau, tombé en faillite en avril dernier.

Le chantier Bavaria Yachts repris par le fonds allemand Capital Management Partners (CMP)

Le suspense de la reprise du chantier allemand Bavaria Yachts aura duré tout l’été – la reprise était initialement attendue courant juillet – puis constitué l’un des sujets les plus discutés du Yachting Festival de Cannes, premier salon de la saison nautique 2018-2018, qui ferme ses portes dimanche.

Selon nos informations, c’est finalement le fonds d’investissement Capital Management Partners qui reprend le chantier Bavaria Yachts, tombé en faillite en avril dernier, et sa filiale française Bavaria Catamarans (ex-Nautitech), sise à Rochefort, et qui a pour sa part continué son exploitation normalement, n’ayant pas été placée en redressement comme sa société mère.

Le choix d’une vente globale du groupe, monocoques ET multicoques, à un même repreneur

Le périmètre racheté par CMP comprend tant l’entité juridique allemande Bavaria Yachts, spécialisée dans la construction de voiliers et bateaux à moteur monocoques et sise dans le land de Bavière, qui emploie 550 salariés sur son site géant de Giebelstadt, que l’entité française Bavaria Catamarans, ex-Nautitech, qui emploie 250 personnes à Rochefort.

Durant l’été, le mandataire judiciaire Tobias Brinkmann a plusieurs fois changé son fusil d’épaule, entre une vente globale et une vente de chacune des deux entités séparément, mais il apparaît un final que la complémentarité des deux pôles du groupe a constitué une plus pour le repreneur.

CMP : un spécialiste du retournement d’entreprises industrielles du mittelstand

Basée à Berlin, créé en 2000 et dirigé par Kai H. Brandes, Capital Management Partners est spécialisée dans le rachat d’ETI allemandes en difficulté, et dans leur retournement.

Le portefeuille de CMP comprend actuellement des structures comme Pressmetal et UKM (automobile), Doll (remorques spéciales), ROI (croisières fluvailes) et AZ Elektro (électro-mécanique).

La société connaît donc bien le milieu industriel, et cette connaissance sera à n’en pas douter indispensable pour relancer l’entité allemande, sachant que bien prendre en considération les spécificité des industries nautiques sera un gage de succès, d’autant plus que CMP est d’ores et déjà confronté à deux situations fondamentalement différentes, entre Bavaria Giebelstadt en difficulté structurelle, et Bavaria Catamarans à l’équilibre, sur le marché florissant des multicoques.

Quelles pistes pour renforcer les chances de succès de la reprise ?

Si les repreneurs n’ont pas encore dévoilé leur plan de marche, il semblerait sans doute judicieux de séparer juridiquement les entités françaises et allemandes, en évitant tout lien de subordination entre elles, tant leur situation d’exploitation et de marché sont différentes, tout en optimisant une mutualisation des bonnes pratiques (conditions d’achat, ingénieurie…).

De fait, sur un marché dynamique, Nautitech semble avoir surtout besoin de visibilité et d’un nouveau modèle à sa gamme pour compléter ses très réussis 40 et 46, et à terme d’une extension de capacité de production qui pourrait passer par un déménagement sur Rochefort pour poursuivre son beau développement, quand Bavaria doit désormais recruter les compétences parties depuis avril, vendre et produire ce qui est au catalogue (en particulier ses réussis C45, C50, R40 et R55), afin de générer du cash, indispensable à la pérennité d’un site industriel géant employant 550 personnes, avant de réimaginer un plan produit, notamment dans le gros moteur hors-bord.

Cette autonomisation des deux structures pourrait se matérialiser par l’arrêt de la marque Bavaria Catamarans au profit de la dénomination historique du chantier français Nautitech, et par un retour de Bavaria sur son positionnement originel qui fit son succès.

Alors qu’une nouvelle ère débute pour Bavaria, on ne peut qu’espérer qu’elle soit florissante, tant pour la filière nautique que pour les familles que fait vivre le chantier.